Par Annie Mapangou
Quarante jours après le décès de l’Artiste Julien Nzengui Mouelle, la famille a organisé une messe en la Chapelle de l’église Saint-Christophe d’Akanda, suivi d’un repas au domicile du défunt, afin de recevoir ses frères et sœurs passionnés de la musique. Les sœurs, les frères, des artistes très proches du regretté disparu, tous étaient là.
Cette messe qui intervient quarante jours après son décès est non seulement pour ceux qui croient en Dieu, mais également parce que cela marque la période où l’âme va au ciel. En effet, l’Artiste qui s’en est allé, était un chrétien catholique. Il avait été baptisé en l’église Saint-Martin de Mouila. Le Père Chrislain qui a officié la messe, a expliqué que c’est un moment de prière pour le repos de l’âme de ceux qui sont partis. «Ce qui constitue un acte d’amour, un acte de charité», a-t-il dit.
Au cours de ces moments de recueillement, le Père Chrislain a expliqué que la mort n’arrête pas l’amour. «Dans notre foi chrétienne catholique, nous prions également que même dans la mort, Dieu ne peut pas donner les péchés. La mort n’est pas un frein à la miséricorde de Dieu. Cet après-midi, nous demandons au Seigneur de prendre Julien Nzengui Mouelle en pitié, de ne pas compter ses fautes, de lui accorder sa miséricorde. Au moment où nous prions pour Julien Nzengui, nous prions aussi pour nous-mêmes qui cheminons encore vers la maison du Père, pour que, véritablement, le Seigneur nous donne la grâce de vivre une vie digne de lui.»
C’est la lecture qui se trouve dans le livre d’Osée qui a été proclamée par le Prêtre. A travers ce passage, il a donné quelques explications : « Pour comprendre tout l’enjeu de ce texte du prophète Osée, il faut replacer ce texte dans son contexte historique. Osée est un prophète en Israël, au 8e siècle avant Jésus-Christ. Il prophétisait dans le nord d’Israël. Et, là-bas, le peuple traversait un moment de crise. Crise politique et morale. Et même une crise religieuse. Politique, parce qu’Israël était assiégé par d’autres nations. Crise morale parce qu’on ne portait plus les valeurs dans ce temps-là. Il y avait beaucoup d’injustices sociales, beaucoup d’injustices entre les personnes des mêmes peuples. Les riches opprimaient les pauvres et j’en passe. »
Poursuivant son intervention, il a ajouté l’aspect de crise religieuse parce que les prêtres ne portaient pas de façon fidèle la parole de Dieu au peuple. «C’est dans ce contexte de crise et dans le passage que nous avons proclamé, c’est le peuple, parce qu’assiégé par les difficultés, décide de revenir vers le Seigneur. Pour ceux qui étaient déjà là, vous l’avez entendu, comment est-ce que le peuple dit, nous allons revenir vers notre Dieu. Nous allons revenir. Mais le Seigneur s’oppose à ce retour du peuple. Il les rejette. Pourquoi ? Parce que ce peuple revient vers le Seigneur des bouts des lèvres, mais leur cœur reste loin de Dieu. C’est pourquoi cette lecture se conclut par cette phrase très populaire. C’est la miséricorde que je désire et non pas les sacrifices pour signifier au peuple d’Israël qu’en réalité, ce qui m’intéresse, c’est votre cœur, pas toutes les pratiques religieuses auxquelles vous êtes attachés. C’est cette même logique qui se poursuit dans l’Évangile que nous venons de proclamer.»
Après la messe, la famille et les artistes se sont rendus au domicile de Julien Nzengui Mouelle, sis au quartier Okala, dans le 1er arrondissement de Libreville. Le Doyen des artistes, Hilarion Nguema, a adressé une prière à Dieu, afin qu’il accorde sa protection aux artistes, lors du recueillement sur la tombe du défunt.
La fin de cette rencontre a été marqué par un repas que la famille biologique du disparu a offert aux artistes. L’on a noté les présences de grandes figures de la musique gabonaise comme Stéphanie Afène, Angèle Assele, Dominique Douma, en plus du Doyen Hilarion Nguema, etc.
Rappelons que Julien Nzengui Mouelle s’en allé le 3 janvier 2026, à l’âge de 72 ans.
