Les officiels ont posé au terme de la cérémonie d’ouverture.

Par Annie Mapangou

 L’École nationale de la Magistrature (ENM) a organisé, avec l’appui technique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’appui financier de l’Empire du Japon, l’Atelier de formation des Magistrats sous le thème : «Renforcer le contrôle de la détention: outils et pratiques du ministère public», ce mercredi 24 décembre 2025, en présence du Secrétaire général du ministère de la Justice, Gardes des Sceaux, Chargé des Droits humains et du Directeur de Cabinet, du Directeur général de l’ENM, des hauts magistrats et des participants.

Cet atelier de formation vise principalement à renforcer les capacités des magistrats sur le cadre juridique de la détention ; harmoniser les pratiques du ministère public ; promouvoir les alternatives à la détention provisoire ; intègre les standards internationaux relatifs aux droits de l’homme ; consolider le rôle du Parquet comme acteur central du contrôle de la privation de liberté.

C’est dans ce décor que le Directeur technique de l’ENM, chargé de la formation continue, Sidonie Flore Ouwe, a indiqué que le contrôle de la détention constitue l’un des piliers essentiels de l’État de droit. «Il engage directement la responsabilité du ministère public, garant de la légalité des poursuites et de la protection des libertés individuelles. Comme l’a justement rappelé un éminent procureur de la République du Gabon: ‘’La détention ne doit jamais être une facilité procédurale, mais toujours une exception strictement encadrée par la loi’’. »

Poursuivant son propos, elle a précisé que dans nos systèmes judiciaires, le ministère public occupe un poste stratégique : il dirige l’action publique ; il veille à la régularité des procédures ; il contrôle la durée et les conditions de la détention ; il agit comme gardien de l’équilibre entre l’ordre public et les libertés individuelles. «A cet égard, un procureur général de Côte-d’Ivoire soulignait avec force : ‘’le ministère public ne protège pas seulement la société contre le crime, il protège aussi le citoyen contre l’arbitraire’’.»

Selon le Directeur technique, cette double mission impose une vigilance constante, une formation continue adaptée et une maîtrise rigoureuse des textes nationaux et internationaux.

Le Secrétaire général du ministère de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé des droits de l’homme, Armand Yebe, ouvrant les travaux a déclaré que le rôle du ministère public dans le contrôle de la détention n’est pas seulement juridique. «Il est profondément humain : assurer la l’égalité de la privation de liberté, prévenir les détentions injustifiées et veiller au respect de la dignité des personnes privées de liberté.»

Il a aussi souligné que «Notre continent a pris des engagements forts, notamment à travers les instruments régionaux tels que la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui rappelle l’importance de garantir des droits des personnes privées de liberté et impose que toute forme de détention soit contrôlée rigoureusement par des autorités judiciaires compétentes.»

Selon le Secrétaire général, c’est dans cet esprit que les juges et procureurs africains sont de plus en plus appelés à être des gardiens vigilants des libertés.

Le Directeur général de l’ENM, Jacques Lebama, a encouragé les participants à tirer le meilleur parti de cet atelier, à partager leurs expériences, à poser des questions et à échanger leurs pratiques, afin que cette rencontre contribue concrètement à l’amélioration de leurs missions et au renforcement de l’État de droit. « Je vous souhaite donc un atelier riche, instructif et fructueux.»

Retenons que la formation continue n’est pas un luxe, elle est une nécessité institutionnelle. Et que la justice n’est pas une finalité abstraite: elle se mesure à la manière dont les magistrats protègent les plus vulnérables, y compris ceux qui sont privés de liberté. Ainsi, à travers cet atelier, l’ENM réaffirme sa mission : former des magistrats compétents, responsables et conscients de leur rôle dans la préservation des libertés et de l’ordre public.

Au centre, Secrétaire général du ministère de la justice, garde des sceaux, chargé des Droits humain (1) et une vue partielle de l’assistance (2).

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