Par Jean-Marie Mboumba
Le 14 avril dernier le Gouvernement gabonais a décidé de suspendre le processus électoral en cours au Comité national Olympique Gabonais (CNOG) et à la Fédération gabonaise de football (Fégafoot). Ce dans le but d’amener ces entités et leurs démembrements à se conformer et à respecter les textes en vigueur dans la cinquième République. En effet, pour exercer, elles doivent disposer des agréments techniques et des récépissés délivrés respectivement par le ministère des Sports et de l’Intérieur.
La FIFA et la CAF ont dépêché des émissaires à Libreville, pour écouter le monde du football. Comme tout le monde le sait, il y a un gros malaise entre l’organisation des acteurs principaux du football au Gabon et ceux qui dirigent cette discipline sportive actuellement, de la fédération, en passant par les ligues et les clubs. Les marches des footballeurs contre une candidature unique à l’élection du président de la Fégafoot, mérite réflexion et des réponses à cette préoccupation.
S’il n’y a pas eu d’élection à la Fégafoot le 18 avril dernier, on peut se féliciter de cette décision sage. Une réorganisation totale s’impose, avant la relance du football par les footballeurs eux-mêmes. Ne dit-on pas qu’il faut savoir reculer pour mieux sauter? Difficile aussi de faire l’omelette, sans casser les œufs!
En témoin, nous constatons que depuis une douzaine d’années les Panthères du Gabon font du surplace et n’ont plus atteint les quarts de finale d’une CAN depuis 2012. Pire lors de la CAN 2017 au Gabon, le onze national gabonais avait été sorti dès le premier tour. Les pays qu’on laminait hier, nous dament les pions aujourd’hui.
Un modèle réussite devrait nous inspirer, est celui du Sénégal. Jusqu’à un passé récent, les Lions de la Teranga ne disposaient d’aucune étoile sur leurs maillots. A la suite d’un travail de réorganisation que les toutes parties ont accepté. Les résultats sont palpables. En l’espace de six ans, le Sénégal vient de remporter deux titres de champion d’Afrique, sous notre barbe. Dans cette réussite du Sénégal, les clubs pèsent énormément grâce à la formation des jeunes joueurs. Ils en sortent des talents qui sont placés chaque années dans des équipes en Europe et ailleurs. Les résultats chez les Lions ont suivi au niveau des Lionceaux avec des titres continentaux.
Si ces résultats nous parlent, il y a urgence d’opérer les changements, tels que les acteurs principaux du football gabonais le demandent. Ainsi tout ira pour le meilleur des mondes.
Mais au niveau du Comité national olympique, Crésant Pambo, le président, et candidat à sa propre élection, a décidé de maintenir l’élection ce samedi 25 avril 2026 à 10 heures. Cette façon d’agir, de désobéir aux décisions du pays, n’est ni plus ni moins qu’une manière de bafouer l’autorité de l’Etat gabonais. C’est un défi que Crésant Pambo lance au Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, puisque c’est lui qui a instruit le ministre des Sports et le ministre de l’Intérieur de faire l’annonce de la suspension du processus électoral. Ce pour mettre un peu d’ordre dans la maison du SPORT GABON, après celle de la politique. Ce sont les pays qui font le Comité International Olympique et non l’inverse.
Le Gabon adhère au CIO depuis 1967, cinquante-neuf ans après, le CNOG, n’a toujours pas réussi à placée un compatriote au sein du Bureau du CIO. Ce n’est pas au CIO que nous allons apprendre la souveraineté d’un Etat! On a dit suspension du processus et non suppression. Il n’y a donc pas ingérence, mais une interpellation pour être en phase avec les lois du pays qui prime pour une association nationale, avant les textes internationaux qui viennent les compléter.
La Cinquième République veut faire appliquer les lois en vigueur, et il appartient à tous de se conformer. D’ailleurs, est-ce qu’au Maroc, en Egypte, en Angola, même en Centrafrique (il y avait un Centrafricain dans la délégation de la FIFA/CAF), lorsque l’Etat a décidé, des individus peuvent tenter de défier cet Etat? Nous pensons que non. Alors Monsieur Crésant, «be attention»!
Or, ce qui ne va pas, c’est justement le CAS Cresant Pambo, président sortant du CNOG qui n’aurait pas eu de quitus financier, lors de l’Assemblée générale. Par ce fait, il devrait automatiquement être disqualifié d’office. Mais le voilà quand-même candidat, aux yeux de tous ses démembrements. Et le CIO aurait accepté la tenue de cette élection, avec lui parmi les candidats! Qui sont ces candidats et quels sont leurs profils? Ils ont brillé à l’occasion de quels Jeux olympiques? Faute d’une réponse positive, et d’être quand-même élu à la tête du CNOG, c’est dire que les cinq anneaux sont brisés dans notre pays!
Nous y reviendrons.
