Ce qui reste de ce lieu d’aisance à Oyem, à l’abandon!
Par Richard Nguema Ondo
OYEM (Dépêche) — Dans le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, la question de l’insalubrité urbaine et du manque d’infrastructures de base prend désormais une tournure d’urgence sociale. Faute d’édicules publics fonctionnels, le centre-ville d’Oyem est le théâtre quotidien de situations humiliantes pour les usagers de l’espace public. Une précarité sanitaire qui interpelle directement les autorités municipales à l’heure de la transformation de la première ville du septentrion.
Le drame de trop: un notable victime de l’absence d’infrastructures
L’illustration la plus flagrante de ce déficit infrastructurel s’est produite le samedi 16 mai 2026. Un notable septuagénaire, dont l’anonymat est préservé par décence, s’est retrouvé piégé au cœur du centre-ville par un besoin pressant alors qu’il se trouvait à proximité du Lycée d’État d’Oyem.
Pensant pouvoir se replier vers les latrines publiques autrefois opérationnelles derrière la tribune officielle — situées à environ 300 mètres —, le vieil homme n’a pu que constater leur fermeture définitive. Contraint de se diriger en urgence vers le Centre Communautaire d’Oyem (CCO) géré par l’Église Évangélique du Gabon, le septuagénaire a malheureusement été trahi par son organisme en plein cœur de la zone commerciale d’Otanassi. La scène, qui s’est déroulée sous les yeux des passants, des clients des commerces et des terrasses de bars environnants, pose crûment le débat sur la déchéance de l’offre sanitaire urbaine dans la commune.
Des investissements à l’abandon et des interrogations légitimes
Cette crise de la salubrité publique suscite l’incompréhension des Oyemois, d’autant que des solutions pérennes existaient par le passé. Plusieurs interrogations pèsent aujourd’hui sur la gestion du patrimoine municipal :
Qu’est-il advenu des toilettes de l’hôtel des Postes ?
Offertes à la municipalité par l’association «Mon Destin en Main », ces installations modernes permettaient non seulement aux populations de se soulager dans la dignité, mais constituaient également une source de revenus pour les caisses de la mairie grâce à une tarification solidaire de l’usage. Le site n’est plus que l’ombre de lui-même.
Pourquoi l’abandon du site de la Tribune Officielle? Ces infrastructures sanitaires de proximité mettaient autrefois les administrés à l’abri de l’opprobre, avant d’être inexplicablement laissées à l’abandon.
L’appel à la restauration de la dignité citoyenne!
Au-delà du simple fait divers, l’absence de toilettes publiques opérationnelles à Oyem pose un problème de santé publique et d’attractivité pour le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem.
Alors que les plus hautes autorités de la 5e République, font de la restauration de la dignité des Gabonais le leitmotiv de l’action publique, la réhabilitation urgente de ces édicules au centre-ville d’Oyem s’impose avec acuité. Il en va du respect des pères et mères de famille, mais aussi de l’image de la municipalité, face à un enjeu de salubrité élémentaire.
