Par Richard Nguema Ondo

Instauré par les plus hautes autorités, le port obligatoire de la tenue traditionnelle le vendredi est devenu une réalité ancrée dans les services publics. Au niveau du  Woleu-Ntem, le Centre Hospitalier Régional d’Oyem (CHRO) s’impose comme le bon élève de la province, affichant un taux d’adhésion spectaculaire au sein de ses équipes.

Un succès statistique au cœur de «l’Hôpital Canadien»

Si la mesure gouvernementale invitant les agents de l’État à arborer leurs tenues traditionnelles chaque vendredi reçoit un écho favorable dans l’ensemble du Septentrion, le Centre Hospitalier Régional d’Oyem (CHRO) mène incontestablement la danse.

Un constat minutieux effectué lors des journées des vendredis 22 et 29 mai 2026 révèle des chiffres impressionnants: près de 94 % des quelque 300 agents que compte cet établissement emblématique — localement surnommé «l’Hôpital Canadien» — répondent présents à ce rendez-vous patriotique. Au-delà du simple respect d’une consigne, c’est l’élégance, la variété et la fierté des parures locales arborées par ces professionnels de santé qui frappent l’esprit des usagers.

Un catalyseur identitaire pour les agents de santé

Pour le corps médical et soignant, souvent soumis à des rythmes de travail éprouvants, cette initiative est accueillie comme une bouffée d’oxygène symbolique. Le Dr Guy Bertrand Ongono, Directeur des soins infirmiers et obstétricaux, ne cache pas son enthousiasme face à cette assimilation rapide: «Il s’agit de la reconquête de notre identité culturelle. Quelque part, le Gabonais s’était égaré sur ce plan. Cette décision du président de la République, tout comme la restauration de la levée et de la descente des couleurs nationales, agit comme un puissant catalyseur pour notre conscience collective.»

La pédagogie au service du patriotisme

Face à ce succès fulgurant, une question s’impose: comment la direction de la structure a-t-elle réussi à mobiliser ses troupes, en si peu de temps? Emmanuel Badho Abiagha Mengome, Directeur général du plus grand établissement hospitalier de la province, lève le voile sur sa méthode, axée sur le dialogue et l’explication.

«Dès l’adoption de la mesure en Conseil des ministres, j’ai immédiatement invité l’ensemble des personnels à s’approprier cette directive. Nous avons mené un véritable travail de pédagogie lors de nos réunions internes, pour expliquer le bien-fondé de cette démarche», déclaré le Directeur général.

Il ajoute, pour situer le contexte institutionnel : «Le président de la République, chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, souhaite nous réconcilier avec nos traditions africaines. Il nous offre une opportunité historique de nous réapproprier notre patrimoine. Le personnel l’a parfaitement intégré, et les résultats sont là.»

Un modèle de civisme pour le reste de la province

Du service de recouvrement à l’ophtalmologie, en passant par la pédiatrie, les soins infirmiers et l’administration, les couloirs du CHRO se parent désormais de mille couleurs chaque fin de semaine. Pour le Directeur général, la portée de cette vision va bien au-delà de la simple coquetterie vestimentaire: «C’est un vibrant appel au retour aux sources, pour que nous soyons enfin nous-mêmes. On ne peut que remercier la plus haute autorité du pays, pour ce souffle nouveau que les populations attendaient avec impatience.»

En affichant une telle régularité, le personnel de l’Hôpital Régional d’Oyem fait preuve d’un civisme exemplaire. Une dynamique vertueuse dont le reste des administrations publiques et privées du Grand-Nord pourrait s’inspirer, pour faire rayonner la culture gabonaise au quotidien.

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