Le président de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba-Nkembe (en médaillon), intervenant ici lors de la signature de la convention. L’évènement a mobilisé une forte assistance.

Par Annie Mapangou

La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), la Conférence interafricaine des marchés d’Assurances (CIMA) et l’Autorité des marchés financiers de l’Union monétaire Ouest-africaine (AMF UMOA) ont procédé à la signature de la première Convention de Coopération Tripartite, ce lundi 06 juillet 2026 au Palais des Congrès de la Cité de la Démocratie, à Libreville.

Cette cérémonie de signature de convention s’est déroulée en présence du président de la COSUMAF, du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Chargé de la Lutte contre la Vie chère, du président de l’AMF UMOA , du Secrétaire général de la CIMA, des représentants des institutions communautaires et régionales accréditées en République Gabonaise, des dirigeants des entreprises, des Universitaires, des acteurs du marché financier régional et des invités.

Dans son mot d’ouverture à l’occasion de cet évènement historique, le président de la COSUMAF, Jacqueline Adiaba-Nkembe, a déclaré qu’il y a des dates qui rythment le calendrier d’une Institution. Qu’il y en a d’autres qui l’inaugurent. «Le 6 juillet 2026 restera, pour la COSUMAF, pour la CIMA, pour l’AMF UMOA et je le crois, pour l’ensemble de la régulation financière africaine. Pour la première fois dans l’histoire de notre continent, trois autorités de régulation: du marché financier de l’Afrique Centrale, des marchés d’assurance de la zone du FCFA, des marchés financiers de l’Union Monétaire Ouest africaine, s’apprêtent à sceller, par un même instrument juridique, un engagement commun. Ce n’est pas un symbole. C’est un acte.»

Revenant sur les faits historiques, le président de la COSUMAF a tenu à rappeler qu’il y a sept ans à peine, en 2019, la CEMAC se dotait d’un régulateur unique du marché financier. En 2022, elle se dotait d’un cadre réglementaire refondé. En 2025, notre marché a levé près de 386 milliards de FCFA sur le marché primaire. Notre capitalisation boursière a progressé de près de 8 % en une seule année. L’encours de la dette sur notre marché financier régional a franchi le seuil symbolique des 1700 milliards de FCFA. Ainsi, ils ont adopté un nouveau régime d’inscription en compte des valeurs mobilières, entré en vigueur au premier jour de l’année en cours.

«Nous avons signé, avec la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale, un accord de coopération qui préfigurait, sans que nous le sachions encore, celui que nous célébrons aujourd’hui. Je dis cela non par fierté institutionnelle, quoiqu’elle soit légitime, mais parce que ces chiffres racontent une trajectoire: celle d’un marché qui grandit, qui se discipline, qui s’ouvre. Mais un marché qui grandit sans épargne à mobiliser reste un marché à l’arrêt. C’est précisément là que se situe l’enjeu de notre atelier de ce jour», a-t-elle indiqué.

Après la signature de cette première Convention de coopération tripartite inédite un constat a été fait, celui de l’existence de l’épargne qui est abondante et disciplinée. La construction des chemins qui vont conduire cette épargne vers l’économie réelle est la mission de ces trois régulateurs.

Au terme des multiples échanges, Jacqueline Adiaba-Nkembe s’est appesantie sur trois convictions:

«La première: le financement des infrastructures ne se décrète pas, il s’organise par des émissions souveraines disciplinées, par des compartiments dédiés aux PME, par une ingénierie financière qui sache transformer l’épargne diasporique, en obligations et en projets» ;

«La deuxième: l’assurance et le marché financier ne sont pas deux mondes séparés par une frontière réglementaire, mais les deux faces d’une même mission, celle de transformer une prime, une cotisation, une économie de précaution, en capital productif pour nos territoires» ;

«La troisième, enfin: aucune de ces ambitions ne se réalisera dans l’isolement. La Convention que nous avons signée ce matin n’est pas un aboutissement. Elle est un commencement. La COSUMAF s’engage, devant vous, à porter les conclusions de cette journée devant les instances décisionnelles de la CEMAC, en concertation étroite avec la CIMA et l’AMF UMOA, jusqu’à leur traduction en politiques concrètes».

Notons que ces trois régulateurs du Marché financiers africain, s’engagent à pérenniser cette conférence, année après année, comme le rendez-vous naturel de nos trois institutions autour du financement de l’économie réelle africaine.

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