Le ministre de l’Intérieur  Adrien Nguema Mba (en médaillon) au cours de son intervention devant une forte assistance.

Par Annie Mapangou

Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Adrien Nguema Mba, a reçu ce mardi 21 juillet 2026, à l’Immeuble Arambo, les responsables des communautés religieuses, des chefferies traditionnelles et des associations de cultes traditionnels, pour présenter le projet de loi encadrant les activités des cultes religieux et traditionnels en République gabonaise.

«Nous sommes ici pour construire ensemble un texte qui reflète à la fois la fermeté nécessaire de l’État face aux dérives constatées et son respect absolu pour la liberté religieuse et nos traditions ancestrales », a déclaré le ministre.

Il a d’abord rappelé la richesse spirituelle du Gabon: bien avant l’arrivée des premiers missionnaires, les peuples : fang, myénè, punu, nzébi, téké ou kota, avaient développé leur propre rapport au sacré, donnant naissance à des traditions initiatiques comme le Bwiti ou le Ndjembé.

L’implantation du christianisme dès 1844, puis de l’islam et des Églises pentecôtistes, s’est superposée à ce socle animiste sans jamais l’effacer, façonnant une identité religieuse plurielle où un même Gabonais peut se dire chrétien, initié au Bwiti et respectueux des rites ancestraux.

Cette tolérance, a-t-il rappelé, est encadrée par la Constitution, à travers la laïcité de l’État et la liberté de conscience.

Le ministre a toutefois dressé un constat préoccupant : prolifération de lieux de culte clandestins sans respect des normes de sécurité, nuisances sonores répétées, et surtout des cas d’escroquerie, de charlatanisme et d’abus, parfois psychologiques ou physiques, commis sous couvert de spiritualité. « Face à de telles dérives, l’État ne peut demeurer spectateur », a-t-il affirmé.

C’est dans ce contexte que le gouvernement prépare ce projet de loi, dont Adrien Nguema Mba a tenu à préciser qu’il ne visait ni à restreindre la liberté de culte ni à s’opposer aux religions. Le texte poursuit trois objectifs :

Protéger les fidèles, en garantissant des conditions de sécurité dignes dans les lieux de culte et en préservant l’intégrité physique, morale et financière des pratiquants.

Assainir le paysage cultuel, en distinguant les guides spirituels authentiques des « marchands d’illusion » qui exploitent la crédulité des fidèles.

Renforcer la collaboration entre l’État et les communautés religieuses, via un cadre administratif clair, pour l’enregistrement et le suivi des activités du culte.

Le ministre a annoncé l’organisation, dans la semaine, de séances de travail avec des experts désignés par les leaders religieux, afin d’aborder les conditions d’implantation des lieux de culte, les critères de reconnaissance des associations cultuelles et les mécanismes de régulation envisagés. « Rien, dans cette démarche, n’est figé ni définitivement arrêté », a-t-il assuré, invitant les responsables religieux à un dialogue franc et constructif.

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