Judith Mengue Abagha, Déléguée provinciale de la CPPL pour l’Estuaire (en médaillon) et l’assistance lors de la conférence à Arambo.

Par Annie Mapangou

Jeudi 1er octobre 2026, la Caisse des pensions et des prestations familiales (CPPF) a dressé à l’Immeuble Arambo le Village des BIVUNDA, pour célébrer la toute première Journée nationale du retraité et de la personne âgée (JNRPA).

Une première sous un double signe

Placée sous le thème « Le bien-être du retraité et de la personne âgée à l’ère de la cinquième République», la journée coïncide avec la 36e Journée internationale des personnes âgées, consacrée à « L’ère de la longévité: repenser les systèmes pour des vies plus longues».

L’initiative, adoptée en Conseil des ministres le 25 juin 2026, vise à honorer les aînés, à promouvoir leur bien-être dans le paysage social gabonais et à mettre en lumière leur contribution au développement du pays. Elle permet aussi à notre Pays de s’inscrire dans la dynamique des Nations unies en faveur des droits des personnes du troisième âge.

La ministre des Affaires sociales, Dr Armande Longo epse Moulengui, saluant un retraité particulièrement heureux.

« Ils sont la mémoire de notre pays »

Pour Judith Mengue Abagha, déléguée provinciale de l’Estuaire de la CPPF, la date n’a rien d’anodin. «Nous avons pensé à nos retraités, explique-t-elle. Ce sont eux qui sont la mémoire de notre pays, ils ont consenti à plusieurs sacrifices pour que nous en soyons là aujourd’hui.»

Le village installé à Arambo est, selon elle, un hommage à ces anciens, ces aînés à qui le pays doit beaucoup. Un décret pris cette année a institué officiellement la journée, et la CPPF a voulu marquer ce premier rendez-vous par un village dédié aux anciens.

Des pensions revalorisées, d’autres chantiers en vue

Côté avancées, la responsable cite d’abord la revalorisation des pensions des retraités de la CPPF. À la CNSS, des discussions sont en cours pour faire de même dans le secteur privé : sans doute pas cette année, plutôt l’an prochain, voire en 2028.

Une autre réforme concerne la coordination des régimes de retraite. Elle ouvre un droit à pension aux agents qui ont alterné carrière privée et carrière publique, afin que chacun puisse bénéficier au moins d’une retraite.

Une institution au cœur du dispositif

Créée par le décret n° 0236/PR/MBCP du 8 juillet 2014, la CPPF centralise et modernise la gestion des pensions des agents publics et des prestations familiales. Elle a remplacé les anciens services de la dette viagère et de la solde, avec la volonté d’assurer des paiements réguliers.

Ses missions: verser les pensions des agents civils, militaires et contractuels de l’État, ainsi que des bénéficiaires spéciaux ; servir les prestations familiales, dont les allocations pour les enfants jusqu’à 16 ans, ou 21 ans s’ils poursuivent leurs études ; garantir la pérennité et l’équité des régimes de pensions ; prévenir et gérer les risques professionnels, comme les accidents du travail, les maladies professionnelles et l’invalidité.

La retraite, un nouveau départ

Aux retraités, Judith Mengue Abagha a adressé un message clair: «Lorsqu’on est en retraite, ce n’est pas la fin de vie.» Ailleurs, rappelle-t-elle, c’est le moment de faire ce que l’on aime, de se réinventer, parfois de changer de métier. En Afrique, on y voit encore trop souvent une fin.

Le village a pourtant démontré l’inverse, et les organisateurs s’en disent eux-mêmes surpris dès le matin. Plusieurs retraités reconvertis y exposaient leurs activités, à l’image du docteur Bâ Oumar et de son stand de produits naturels. «La retraite de demain se prépare aujourd’hui », résume la déléguée.

Le PCA de la CPPF, Jean Blaise Nguema Mba, visitant les stands à Arambo, a particulièrement apprécié les chefs-d’œuvre des retraités: une belle reconversion! 

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