Par A.M
Samedi 24 octobre 2026, au Stade de l’Amitié sino-gabonaise, à Akanda, la Commission n°3 de la Task force pour le renouveau du football gabonais, consacrée aux compétitions nationales, a poursuivi ses travaux en atelier. Une Task force née de la volonté de passer de la réflexion à l’action pour redonner du souffle aux championnats du pays.
Comprendre pourquoi les championnats peinent
Après la prise de contact et la présentation de la méthodologie, jeudi 22 octobre, les participants sont entrés dans le vif du sujet dès le vendredi 23. Une question les a occupés : pourquoi les compétitions, de l’élite à l’amateur en passant par le professionnel, connaissent-elles des fortunes diverses sans jamais atteindre de résultats concluants ?
Rapporteur de l’atelier, Charles Nzego, secrétaire général de la Ligue nationale de football professionnel (LINAFP), résume la démarche : « Il a d’abord été question de poser le diagnostic. » Celui-ci a fait ressortir plusieurs difficultés : le financement, le renforcement des capacités, les centres de formation et la détection des jeunes talents.
Un financement qui n’est pas sanctuarisé
Les échanges se sont ensuite portés sur l’irrégularité des compétitions d’élite, celles organisées par la LINAFP : les championnats de première et de deuxième division. Le constat est net. « Ces championnats ne sont pas réguliers parce que les financements dédiés à leur organisation ne sont pas sanctuarisés. Ils ne sont pas déposés dans un fonds spécifiquement réservé à la compétition », explique le rapporteur.
Pour garantir la régularité des championnats, les participants proposent donc la création d’un fonds dédié, réservé à leur organisation. Ils s’interrogent aussi sur un autre facteur : si les compétitions manquent de régularité, c’est peut-être que la base elle-même n’est pas structurée.
La base, maillon fragile
Charles Nzego relève en effet que certaines catégories de compétitions n’existent pas dans l’ensemble des provinces, ou fonctionnent mal. « Les compétitions U13 et U15 ne se jouent pas très bien », observe-t-il. La cause : les structures chargées de les organiser, sous-ligues et ligues, ne sont pas stables, faute de financement dédié.
Pour y remédier, la commission recommande la création d’un fonds d’appui à la formation et d’un fonds d’appui au football amateur. Leur mission : structurer et organiser les compétitions de jeunes, là où se prépare le football de demain. Le lien est direct avec le diagnostic posé plus tôt, qui pointait déjà les centres de formation et la détection des jeunes talents.
Samedi, l’atelier a consolidé l’ensemble des acquis des deux premiers jours. Après le diagnostic et les solutions imaginées, il s’agit désormais de « mettre en musique » la programmation des compétitions. Les participants élaborent un calendrier adossé à la carte sportive, en croisant compétitions, localités, structures et financements à mobiliser. Concrètement, il s’agit de savoir qui joue, où, quand et avec quels moyens, pour que les championnats retrouvent un rythme régulier.
Reste, selon le rapporteur, un chaînon encore manquant : la structuration.
