Par Annie Mapangou
Suite à ses saisines des 09 et 12 mars auprès de la Commission électorale de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), le Dr Axel Nguema Edou, candidat à la présidence de cette institution a organisé une conférence de presse, ce mardi 17 mars à son quartier général aux charbonnages, en vue de livrer les éléments de réponse de ladite Commission et présenter les limites et la dérive des éléments évoqués par cet organe.
La Commission électorale présidée par Jean Luc Ndongo a donné les éléments de réponses relatives aux requêtes du Docteur en Sciences du sport, Axel Nguema Edou. Ainsi, suite à ses propres analyses, le candidat à la présidence de la FEGAFOOT a relevé : «La Commission électorale prétend, en substance : imposer ou maintenir au 18 mars 2026 la date limite de dépôt des candidatures ; justifier cette position par des considérations d’opportunité tenant au calendrier institutionnel ; renvoyer, pour partie, vers le secrétariat général de la FEGAFOOT s’agissant d’informations déterminantes pour l’exercice effectif du droit de candidature.»
Selon le candidat, la position de la Commission électorale fait appelle à une contestation ferme, tant elle révèle une méconnaissance des exigences fondamentales de légalité électorale, de transparence, d’égalité entre les candidats, de sécurité juridique et de sincérité du scrutin.
C’est sur cette base que le Dr Axel Nguema Edou a énuméré sept points clés de cette situation:
Le candidat s’est prononcé sur la violation manifeste du principe de légalité électorale : « La Commission électorale est une autorité d’application, non une autorité normative autonome. Elle ne saurait donc, sans base textuelle expresse, claire, régulière et opposable, fixer, maintenir ou interpréter un délai de dépôt de candidatures d’une manière restrictive, lorsque cette interprétation a pour effet de limiter l’accès à la compétition électorale.»
Par rapport à l’inopposabilité du délai du 18 mars 2026 dans un contexte de carence informationnelle, il a affirmé: « En matière électorale, aucune exigence de délai, de forme ou de parrainage ne peut être opposée à un candidat lorsque l’organe chargé de garantir la transparence du processus n’a pas lui-même assuré, en temps utile, la communication complète, claire, égale et non équivoque des éléments indispensables à l’exercice effective du droit de candidature. »
S’agissant de l’atteinte au principe d’égalité entre les candidats il a indiqué : « Le défaut de mise à disposition régulière de la liste des membres du Congrès, l’opacité entourant les mécanismes de parrainage et la rigidité sélective opposée sur les délais traduisent une rupture d’égalité objective entre candidats potentiels. Cette rupture est d’autant plus grave que, dans un processus électif fédéral, l’égalité de départ conditionne directement la sincérité du résultat final. »
En ce qui concerne l’ajout illégal de conditions ou de contraintes non prévues par les textes, il a indiqué : « Aucune autorité électorale ne peut créer, renforcer des conditions de recevabilité qui ne procèdent pas explicitement des Statuts, du Code électoral ou d’un acte réglementaire régulièrement adopté et porté à la connaissance des candidats dans des conditions irréprochables… Le droit de candidature ne peut être enfermé dans des contraintes de pure fabrication administrative.»
Au sujet de l’impossibilité pour la Commission électorale de se défausser sur le Secrétariat général, Dr Axel Nguema Edou a précisé : « Le Secrétariat général peut assister matériellement le processus ; il ne peut en absorber ni en masquer la responsabilité juridique. La Commission électorale demeure l’organe chargé de garantir la régularité, la complétude et l’intelligibilité du processus de candidature. Elle ne peut donc invoquer l’existence d’un registre tenu ailleurs, d’une information disponible autrement, ou d’un document publiquement, ou d’un document publiquement consultable en théorie, pour se soustraire à son obligation propre d’assurer une information électorale certaine, utile, égale et opposable. En matière électorale, la responsabilité ne se délègue pas par renvoi administratif. »
Pour le point sur la fragilisation politique et institutionnelle du processus électoral, il a expliqué que lorsqu’une commission électorale donne le sentiment de verrouiller l’accès à la compétition, de retenir ou de filtrer l’information utile, de rigidifier les délais sans transparence parfaite, ou d’ériger des contraintes mal publiées en barrières à l’entrée, elle compromet non seulement la légalité de la procédure, mais aussi la crédibilité politique de l’élection. «Une fédération ne se renforce pas par la fermeture, mais par la confiance ; non par l’opacité, mais par la transparence ; non par l’exclusion indirect, mais par l’égalité de traitement.»
« Le football gabonais a besoin d’un processus régulier, lisible, incontestable et respecté de tous. Toute autre voie fragilise durablement l’autorité morale et politique des organes issus du scrutin », a-t-il ajouté.
Sur la nécessité d’une intervention immédiate de la Commission de recours électoral, le candidat à la présidence de la FEGAFOOT a déclaré : «Le contentieux soumis à votre appréciation ne revêt pas un caractère accessoire ou dilatoire. Il porte sur des garanties fondamentales de participation au scrutin. Faute de correction immédiate, les irrégularités dénoncées sont de nature à vicier l’ensemble du processus, à compromettre la recevabilité réelle des candidatures, et à entacher la légitimité du Congrès électif lui-même… »
Le Dr Axel Nguema Edou, au regard de ces motifs, il a décidé de saisir dès aujourd’hui, la Commission de recours électoral de la FEGAFOOT aux fins suivants :
- « Constater que la procédure électorale en cours est affectée d’irrégularités substantielles ;
- Dise et juge que la date du 18 mars 2026 ne peut être opposée valablement à un candidat dès lors que les conditions de transparence, d’égalité, de publicité et de sécurité juridique n’ont pas été effectivement réunies ;
- Annule, en tant que de besoin, toute décision, interprétation, mesure ou pratique administrative ayant eu pour effet de restreindre irrégulièrement l’exercice du droit de candidature ;
- Ordonne la réouverture du délai de dépôt des candidatures, pour une durée raisonnable ;
- Ordonne, la suspension provisoire des opérations électorales subséquentes jusqu’à complète régularisation des manquements relevés ;
- Dise que la poursuite du processus en l’état porterait atteinte à la sincérité, à la crédibilité et à la légitimité du scrutin fédéral ;
- Rappelle solennellement à la Commission électorale son obligation de neutralité, de stricte légalité, d’égalité de traitement et de transparence intégrale dans la conduite du processus.»
Le Dr Axel Nguema Edou invite, à cet effet, tous les acteurs censés conduire le processus électoral de la FEGAFOOT à mettre par-dessus tout l’intérêt supérieur de la nation pour garantir à notre football une respectabilité et une crédibilité aux yeux du monde.
