Par Annie Mapangou

Le Collectif SOS Éducation s’est réuni, ce vendredi 27 février 2026, à l’hôtel Excellence, sis au quartier «Ancienne Sobraga», dans le premier Arrondissement de la commune de Libreville, pour faire une déclaration de presse afin d’annoncer le changement de son statut juridique.

Cette déclaration a été faite par la présidente du Syndicat organisé pour sauver l’éducation (SOS – Éducation), Mucketu-U-Mucketu Olivia Vénéssa.

«L’éducation est la chose la plus précieuse pour la société humaine. Elle est le socle du développement, le pilier de la cohésion sociale, le fondement de toute ambition nationale. Aucune nation ne peut aspirer à l’émergence, si son école vacille. Or, force est de constater et nous le déplorons profondément que le système éducatif gabonais fait face à la récurrence des mêmes maux depuis plus de deux décennies», a-t-elle déclaré, à l’entame de son propos.

C’est dans l’optique de devenir une base juridique solide que le Syndicat organisé pour sauver l’éducation prend naissance, ce jour. Mucketu-U-Mucketu Olivia Vénéssa a donné les raisons qui les ont conduit à changer le statut dudit collectif. «Nous, membres fondateurs du Collectif SOS Éducation avons fait preuve d’un esprit de responsabilité remarquable. En effet, nous avons accepté d’entrer en négociation. Nous avons accepté de participer à la Commission tripartite de suivi-évaluation aux côtés d’autres organisations syndicales légalement constituées. Cet esprit de responsabilité nous a conduits à comprendre dès le départ que la légalité demeure un facteur essentiel pour la défense à long terme des intérêts des enseignants. Car un mouvement, aussi fort soit-il, ne peut inscrire ses acquis dans la durée que s’il repose sur une base juridique solide.»

Ainsi, ce syndicat lance un appel fraternel aux enseignants qui ont rejoint la dynamique de SOS Éducation, la base de rejoindre massivement SOS – Education (Syndicat organisé pour sauver l’éducation) car, c’est dans l’unité qu’ils parviendront à défendre leurs droits et, la défense des intérêts des enseignants ne peut se faire efficacement que dans l’unité et la légalité.

« C’est dans la l’égalité que nous sécuriserons nos acquis. C’est dans la solidarité que nous restaurerons la dignité des enseignants», a-t-elle précisé.

SOS – Education n’est pas un syndicat de division, non plus un syndicat d’extrémisme mais, c’est un syndicat de responsabilité, de dialogue, de fermeté et de vision dont le combat repose sur 4 axes stratégiques, à savoir :

  1. Améliorer durablement les conditions de travail ;
  2. Garantir l’évolution normale des carrières ;
  3. Assurer des conditions de vie dignes aux enseignants ;
  4. Restaurer la considération sociale de notre profession.

«Nous ne nous battons pas seulement pour nous-mêmes. Nous nous battons pour l’école gabonaise. Nous nous battons pour les générations futures. Nous nous battons pour la nation. En ce jour historique de sortie officielle, nous prenons un engagement solennel: Nous ne trahirons ni la base, ni la cause. Nous agirons avec responsabilité, courage et détermination. Nous ferons du S.SOS – E un instrument puissant au service de la dignité enseignante», a-t-elle indiqué.

La présidente a fait l’historique de l’environnement du secteur éducatif: «Depuis plus de vingt ans, les problèmes demeurent: insuffisance des infrastructures, retards administratifs chroniques, précarité salariale, absence de perspectives claires pour la carrière des enseignants. Cette situation a conduit à une dégradation constante non seulement des conditions de travail, mais aussi des conditions de vie des enseignants.

«Beaucoup d’entre nous se retrouvent aujourd’hui précarisés à l’extrême, malgré la noblesse de leur mission. A cela s’ajoute le fait que les situations administratives stagnent : reclassements bloqués, rappels des impayés, avancements retardés, intégrations en attente. »

«Comment demander l’excellence à un enseignant dont la dignité professionnelle est mise à rude épreuve», s’est-elle interrogée.

Rappelons que la base a décidé de se lever face à l’inaction et à l’accumulation des frustrations et dont, la première Assemblée générale s’est déroulée, le 06 décembre 2025 ; le dépôt du préavis de cessation de cours s’est effectué le 08 décembre 2026 et, le 17 décembre 2026, les membres du Collectif SOS Éducation ont lancé la suspension des cours sur l’ensemble du territoire. C’est ce mouvement qui a profondément paralysé le système éducatif et fortement perturbé l’école gabonaise. Mais il a surtout démontré l’ampleur du malaise et la détermination des enseignants.

S’adressant aux enseignants, elle a déclaré: «Ensemble, sauvons l’école gabonaise. Ensemble, sauvons les enseignants. Vive l’unité syndicale responsable ! Vive le Syndicat organisé pour sauver l’éducation ! Vive l’école gabonaise ! »

Les membres du syndicat autour de leur présidente, Mucketu-u-Mucketu Olivia Vénéssa (1),  la présidente et l’un des ses membres,  l’enseignant Moubamba (2).

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