La ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou (5e à gauche) et les acteurs du secteur ont dressé un diagnostic.

Par FJ

Réunis à Libreville ce jeudi 9 avril 2026, les acteurs du secteur de la santé ont dressé un diagnostic sans concession de la mortalité maternelle au Gabon. Entre insuffisance de la qualité des soins, défaillances structurelles et obstacles financiers, plusieurs facteurs continuent de freiner la prise en charge efficace des femmes enceintes, malgré les efforts engagés par les autorités.

La réduction accélérée de la mortalité maternelle au Gabon, passe impérativement par une amélioration de la qualité des soins. C’est l’un des principaux constats issus de la cérémonie d’ouverture consacrée à l’élaboration d’une feuille de route nationale, qui se tient à Libreville du 9 au 11 avril 2026. Les données présentées au cours de cet atelier mettent en lumière des dysfonctionnements profonds dans le système de santé, impactant directement la survie des patientes. Parmi les facteurs les plus préoccupants figure le coût du transport médical. Dans plusieurs cas, l’achat du carburant pour les ambulances est laissé à la charge des familles, entraînant des retards critiques dans la prise en charge des femmes enceintes.

À cela s’ajoutent un manque de coordination entre les structures sanitaires, une insuffisance d’équipements, ainsi que des coupures fréquentes d’électricité. Plus alarmant encore, plus de la moitié des blocs opératoires ne seraient pas correctement équipés.

Présentant la situation nationale, la Docteure Jonasse Solange Antimi a mis en avant des disparités persistantes et des défis d’ordre socio-économique, tout en soulignant la nécessité de renforcer la politique nationale de santé sexuelle et reproductive. Elle a également rappelé que les principales causes médicales de décès maternels restent l’hémorragie, l’hypertension et les complications liées à l’avortement.

Malgré ces difficultés, des avancées ont été enregistrées. « Plus de 215 300 carnets de suivi de grossesse ont été reproduits et distribués sur l’ensemble du territoire national, tandis que 212 agents de santé ont été formés. La gratuité de l’accouchement, soutenue par la CNAMGS, constitue également un levier important dans l’amélioration de l’accès aux soins », a déclaré Docteure Jonasse Solange.

Prenant la parole, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a quant à elle, insisté sur le rôle central du facteur humain. Selon elle, au-delà des politiques publiques, l’engagement des agents de santé demeure déterminant, pour assurer un suivi complet des grossesses, de la première consultation jusqu’à l’accouchement. Sans cette implication, a-t-elle averti, les efforts risquent de rester insuffisants face à l’ampleur du problème.

Face à ces constats, les participants ont convenu de la nécessité d’investir davantage dans la prévention, l’information des populations et le renforcement du système de santé, afin d’inverser durablement la tendance de la mortalité maternelle au Gabon.

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