Le Collectif SOS Education a posé avec le président de l’AN (en médaillon), au terme de la rencontre.
Par Annie Mapangou
Après l’Assemblée générale du Collectif SOS Éducation, en date du samedi 31 janvier 2026, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a convié une délégation du Collectif SOS Éducation, la base, à une audience solennelle exceptionnelle, ce mercredi 04 février 2026 au Palais Léon Mba de Libreville, pour comprendre la crise et rechercher des solutions de sortie de crise durables, voire pérennes.
Le président de l’Assemblée nationale a, malgré les vacances parlementaires, reçu 50 membres dudit Collectif, suite à la crise sociale qui perdure dans le secteur de l’Education, depuis plus d’un mois au Gabon.
Cette initiative a été motivée par: l’impact national de la grève (élèves, parents, familles); le rôle de l’Assemblée comme institution représentant le peuple ; la nécessité de comprendre les causes profondes de la crise et d’explorer des voies de sortie.
A l’entame de son propos, Michel Régis Onanga Ndiaye a précisé que la rencontre n’était pas une négociation, l’Assemblée nationale n’a pas qualité pour négocier. Il a reconnu la légitimité des revendications, l’existence de dysfonctionnements dus aux «incompréhensions», aux «mauvaises décisions» ou à «la non-application de bonnes décisions.»
Le président de l’Assemblée nationale a tenu à rappeler aux enseignants qu’il avait lui-même exercé comme enseignant de relations internationales à l’ENA, EPCA etc. et qu’il connaissait donc la pénibilité et les réalités du métier, surtout celles liées au difficultés de paiement de salaire.
Hubert Bouckat, porte-parole de SOS Éducation, la Base, lors de son intervention a présenté l’historique de la crise depuis leur préavis de grève le 5 décembre 2025, tout en rappelant les réponses gouvernementales:
Le 12 janvier à Alibandeng: protocole d’accord de suspension de grève, jugé insuffisant. Le gouvernement s’engageait à régulariser 4.000 situations administratives, sur 27.000 enseignants (14,81 %).
Les intrusions de Pierre Mintsa et de Georges Mpaga dénoncées: Les enseignants ont aussi déploré l’intrusion des syndicalistes qui ne font pas partie du secteur éducatif. Il s’agit de Pierre Mintsa, de Georges Mpaga etc. et le résultat les a conduits à une réunion non officielle à la Présidence de la République qui a créée des frustrations.
S’agissant du point sur l’arrestation de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, deux syndicalistes avaient également œuvré au durcissement de la grève.
Ainsi, une médiation dans le but de ramener le dialogue avait été confiée au Député du 2ème Arrondissement d’Akanda, Gaspard Ntoutoume Ayi. Cette médiation a cependant conduit à la signature d’un protocole additionnel avec les 9 représentants de la Base SOS Éducation.
Le porte-parole de SOS Éducation a également dénoncé le flou sur les 1.000 intégrations supplémentaires demandées et l’absence de réponse du gouvernement concernant les rappels soldes, primes logement/transport, PIF et autres revendications formulées.
Selon les explications d’Hubert Bouckat, l’absence de réponses claires et le mutisme du gouvernement concernant certaines de leurs revendications à court terme est un facteur du durcissement de la grève.
C’est suite aux propos du porte-parole de SOS Éducation que le président de l’Assemblée nationale s’est retiré pour se concerter avec les membres de son bureau pour examiner les documents remis, à savoir: le déroulé historique de la grève et leur cahier de charges.
Après concertation avec son Bureau, Michel Régis Onanga Ndiaye a reconnu la légitimité du combat et a appelé les enseignants à se souvenir des efforts gouvernementaux depuis la transition dans tous les domaines, dont l’éducation, tout en affirmant que le mal était profond.
Le Parlement peut et va enquêter, convoquer et auditionner les ministères concernés: Par la suite, il a annoncé que le Parlement peut et va enquêter, convoquer et auditionner les ministères concernés (Éducation nationale, Fonction Publique, Budget) sur leur gestion de finances.
Il va donc assurer un rôle de courroie de transmission entre les enseignants de SOS Éducation, la Base et le gouvernement.
Retenons que le Président de l’Assemblée nationale a déclaré ne pas chercher à forcer la reprise des cours, ni pousser les enseignants à faire une déclaration quelconque hic et nunc, mais vouloir les accompagner dans la sortie de crise et se porte garant du suivi des engagements pris par le gouvernement. A cet effet, Il a invité les enseignants à lui faire eux-mêmes une proposition de sortie de crise. la Base de SOS Éducation a donc décliné à l’Assemblée nationale ses propositions de sortie de crise.
Les enseignants ont précisé qu’ils n’étaient pas fermés au dialogue et attendront toutes négociations éventuelles avec le gouvernement, pour une véritable sortie de crise.
Cette rencontre s’déroulée en présence de Marcel Libama, médiateur de SOS Éducation. Toutefois, Simon Ndong Edzo, n’a pas pu honorer cette invitation en raison des obsèques de sa fille aînée, disparue pendant sa détention.(Source : Compte-rendu rédigé par Érika Marcelle Nsiamalembe Akieno, 1ère Secrétaire chargée de la Communication pour SOS Éducation, la Base, Estuaire).
