Par Annie Mapangou
Justine Mintsa, l’écrivaine gabonaise de renom, a présenté conjointement son ouvrage, avec le Professeur Ange Gaël Pambo Pambo Ndiaye, Directeur de l’Institut des langues et du patrimoine à l’Université Omar Bongo (UOB), intitulé: «Première lecture » (en français) ou «The Magic Book» (en anglais). C’était à l’occasion de la première journée du Salon du Livre Jeunesse de Libreville (SLJL), ce mardi 07 avril 2026, à la Chambre de commerce, en présence des élèves, des étudiants, des enseignants.
Première lecture / The Magic Book est un ouvrage qui se présente sous la forme d’un récit écrit à la première personne par une jeune fille, âgée de douze ans, analyse avec beaucoup de justesse et de subtilité l’apprentissage de la lecture et de ses plaisirs.
L’histoire se relate des faits sur le personnage nommé, Obone. La narratrice qui raconte son amour pour les livres. Une activité – la lecture qu’elle découvre toute seule dans un premier temps, puisqu’elle partage avec un jeune blanc, Brian, de passage dans son village. Le style de l’auteur avec des phrases courtes est convaincant: on croirait véritablement lire le récit d’une adolescente.
L’adolescente décrit son apprentissage de la lecture par des images, en se comparant notamment à son père aveugle: comme lui dans la réalité, elle tâtonne avec des mots difficiles; comme lui, elle évolue dans un monde impalpable qui fait appel à l’imaginaire ou à la mémoire. La jeune fille va encore plus loin dans son analyse, en découvrant que la littérature ne s’arrête pas aux livres lus en solitaire: grâce à Brian, elle apprend ce qu’est réellement la poésie – lorsqu’elle est récitée à haute voix – et, surtout, le théâtre: «un dramaturge, c’est quelqu’un qui raconte une histoire avec le corps des autres, et la voix des autres […] C’était pour moi une nouvelle dimension de la lecture». Le livre ne verse jamais dans la pédagogique ; il joue sur les émotions: de la lecture et de l’amour.
Justine Mintsa, nous donne présente son ouvrage: « Alors, c’est un petit livre qui a produit un grand événement. C’est ‘’Première lecture’’ qui a été traduit en anglais par le professeur Ange-Gaël Pambo Pambo Ndiaye. ‘’Première lecture’’ est, en somme, la définition romancée des trois genres littéraires que sont la narration, le récit, le théâtre et la poésie. Donc, c’est dit de façon romancée, nous sortir de cette lecture, le jeune peut, avec assurance, parler de théâtre, parler de récits et parler de poésie en sachant quelles sont les caractéristiques de ce genre littéraire. Ce livre a été primé par l’agent de la francophonie à Brazzaville en 1995, pour son apport pédagogique et actuellement. Il est programmé dans les établissements scolaires. Et que vous dire d’autre ? »
A la suite de son propos, elle a déclaré: « C’est un bonheur pour moi de l’avoir publié, de le voir publié en anglais. C’est une œuvre de très bonne facture et je dois vous dire que c’est vraiment made in Gabon. Il a été publié aux éditions Ntsame avec un éditeur gabonais, un traducteur gabonais. Et ce livre est une véritable fierté parce que le rendu, c’est vraiment professionnel: Dos carrés, des pages qui tiennent, des pages aérées pour faciliter la lecture. Parce que vous savez que ce sont des facteurs qui peuvent faire que l’enfance jette le livre. Écriture trop serrée, pas assez de marge, les interlignes trop collées. Donc là, c’est aéré, les belles illustrations. »
Le Professeur Ange Gaël Pambo Pambo Ndiaye, enseignant de littérature américaine à l’Université Omar Bongo. Directeur général de l’Institut de la Langue et du Patrimoine a donné son avis par rapport au regard sur le décor qui prévaut dans la nation au sujet du livre gabonais. Il a expliqué ce qu’on peut faire, pour amener la jeunesse à davantage lire. «Au-delà du pouvoir politique, on dirait simplement que l’État devait davantage investir sur le livre en créant des bibliothèques, des librairies. Voilà, mais de mon point de vue, en tant que pédagogue, en tant qu’enseignant, je pense qu’il est important, donc ici, d’insister sur: «c’est quoi lire ? C’est quoi la valeur de lire ? C’est quoi l’importance de lire?»
Poursuivant ses explications, il a précisé que la lecture est une activité importante, indispensable, qui va même avec les activités humaines. « On ne peut pas s’imaginer aujourd’hui, on est en 2026, avoir ici des gens qui ne lisent pas, parce que la lecture participe à l’évolution ici de la pensée. La lecture donne à un enfant, on va dire ça, l’attitude donc ici de faire une critique constructive. Je pense qu’insister sur la valeur, l’importance de la lecture dans l’éducation, ça a véritablement une voie de sortie pour notre jeunesse. A quoi ressemble une jeunesse qui ne lit pas? C’est une jeunesse qui se retrouve. Elle se retrouve entre quatre murs, alors que la lecture, comme on a pu démontrer lors de ce salon du livre de jeunesse, que la lecture participe donc ici à la construction intellectuelle, mentale de l’enfant».
Notons que cet ouvrage est en vente à la librairie des Éditions Ntsame, à la maison de la presse, à livre +, et aussi à multi-presse (à côté du quotidien l’Union), au tarif de 5.000 F CFA.
