Par Richard Nguema Ondo

Le village de Sougzap-Ville situé à quelques encablures du Chef-lieu de la province du Woleu-Ntem soutient actuellement une initiative agropastorale qui attire tous les regards. Portée par l’association «Transfoagric», cette exploitation incarne une réponse concrète aux défis de la dépendance alimentaire et de la santé publique au Gabon, par le retour aux méthodes ancestrales et la transformation locale.

Une vision familiale au service de la Nation: L’aventure est portée par un couple de Gabonais déterminés: Franck Aldo et Monique Nsegue Ndong. Leur mission est claire: traduire en actes la vision des plus hautes autorités de l’État en matière de sécurité alimentaire. Pour ce duo, l’autosuffisance n’est pas qu’un slogan, c’est un combat quotidien qui s’articule autour de trois piliers: l’élevage, l’agriculture et la transformation.

L’agronomie traditionnelle au cœur de la performance: Sur la dizaine d’hectares exploités à Zougzap-Ville, Transfoagric applique une méthode culturale singulière: la polyculture dense. «On plante une diversité de cultures sur un même hectare. C’est une pratique traditionnelle africaine qui permet d’accéder facilement aux différents produits sollicités», expliquent les promoteurs.

Loin des monocultures intensives, ce modèle garantit une biodiversité qui préserve la richesse des sols et assure une récolte variée tout au long de l’année.

La transformation locale: -le secret de la conservation et de la santé: L’innovation majeure de Transfoagric réside dans sa capacité de transformation immédiate. Ici, rien ne se perd. Chaque produit non écoulé à l’état brut est transformé sur place pour garantir une conservation durable et une valeur ajoutée:

-Le Manioc: converti en gari, tapioca, amidon ou bâtons de manioc.

-Le Cacao: valorisé en thé et en produits dérivés.

-Le Maïs et l’Ananas: transformés en vins bio originaux.

Au-delà de la conservation, l’aspect sanitaire est primordial. En utilisant exclusivement des engrais naturels, Transfoagric garantit des produits «bio» exempts de pesticides, favorisant ainsi la longévité et le bien-être des consommateurs. Un écosystème intégré: de la terre à l’élevage.- L’exploitation ne s’arrête pas aux champs. Elle abrite un cheptel impressionnant comptant des milliers de têtes: poules, porcs, canards et même des escargots. La synergie est totale puisque les résidus de la transformation agricole servent de base pour nourrir l’élevage, réduisant ainsi les coûts de production et le gaspillage.

Un centre de formation en perspective:

L’ambition du couple Aldo ne s’arrête pas aux limites de leur plantation. Ils projettent d’ouvrir un centre de formation pratique. «Notre objectif est de transmettre des techniques agropastorales simples, mais porteuses à moyen terme. C’est le chemin le plus court, pour sortir le pays de la dépendance alimentaire au moindre coût», souligne Franck Aldo.

L’appel à l’appui institutionnel: Malgré le succès enregistré par cette l’initiative et l’engouement auprès des populations locales qui s’y approvisionnent déjà régulièrement, les défis restent de taille. Pour passer à une échelle supérieure et étendre cette expertise à l’ensemble de la province, voire du pays, les responsables sollicitent l’intervention des pouvoirs publics.

Un investissement étatique permettrait à Transfoagric de lever les goulots d’étranglement logistiques et de devenir un véritable pôle industriel agricole dans le Grand-Nord. À Oyem, l’espoir est grand de voir ce projet devenir le fer de lance de la nouvelle économie rurale gabonaise.

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