Ce qui reste du pont permettant la traversée de ce canal, rien que deux morceaux de bois!
Par Richard Nguema Ondo
Ce qui devait être un soulagement pour les populations, est devenu un véritable cauchemar logistique. Depuis plus de deux ans, les habitants du quartier Rond-point Mimbang, dans le deuxième Arrondissement d’Oyem, vivent dans un enclavement total. En cause : le passage des engins de l’entreprise LRC qui a pulvérisé l’unique voie d’accès, laissant derrière elle un chantier fantôme et des riverains livrés à eux-mêmes.
Un pont détruit, une économie locale asphyxiée: Le point de rupture se situe sur l’axe reliant le quartier Rond-point Mimbang à celui d’Adjougou, vers le carrefour SEEG. Autrefois, un pont de fortune, érigé à la sueur du front des riverains, permettait la circulation des biens et des personnes.
C’était sans compter sur l’arrivée de la société Le Roi des Chantiers (LRC), adjudicataire du marché de réaménagement de la route menant au quartier Petit Mékaà. A la suite des passages repétés des engins lourds de LRC, l’ouvrage communautaire a cédé sous le poids de ces machines. Depuis ce sinistre initial, aucun aménagement n’a été entrepris. L’on apprend même que cette entreprise aurait pris la clé, laissant le quartier coupé du reste de la commune!
Le «Calvaire des temps préhistoriques»: Aujourd’hui, l’accès des automobiles dans cette zone est un lointain souvenir. Les conséquences pour les populations sont dramatiques:
-Rupture logistique: Plus aucun véhicule, même pas les taxis ou les ambulances, ne peuvent franchir la zone.
-Pénibilité quotidienne: Les mères de famille et les commerçants sont contraints de porter leurs marchandises et vivres sur la tête, et parcourir de longues distances pour rallier le rond-point.
-Isolement social: Les quartiers limitrophes subissent par ricochet cet enclavement qui dure depuis maintenant deux ans, sans aucune réaction concrète des autorités municipales ou provinciales.
L’appel au sommet de l’État: Face à ce qu’ils qualifient d’abandon, les riverains ne cachent plus leur exaspération. Le sentiment d’injustice est d’autant plus vif que l’entreprise serait partie, «sans crier gare», laissant un spectacle de désolation là où elle promettait le développement.
«Nous vivons une réalité d’un autre âge», s’indigne un habitant. Excédés par le silence des instances locales, les populations de Nkoumekiegne et du Rond-point Mimbang se tournent désormais vers les plus hautes autorités du pays. L’appel est lancé au Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour qu’une inspection soit diligentée, afin de contraindre l’entreprise défaillante à réparer les préjudices causés et à désenclaver définitivement cette partie d’Oyem.
Au-delà de la simple voirie, c’est la dignité de milliers de citoyens qui est ici en jeu.
