Une photo de famille des participants et des organisateurs pour immortaliser cette de la rencontre d’Oyem.

Par Richard Nguema Ondo

Face à la recrudescence des irrégularités dans le secteur du médicament, les autorités sanitaires et administratives du «Grand-Nord» ont sifflé la fin de la récréation. En effet, ce mardi 20 janvier 2026, une réunion de sensibilisation d’envergure s’est tenue à l’École de Santé d’Oyem, regroupant les acteurs de la chaîne pharmaceutique des cinq départements de la province, pour un rappel à l’ordre sans précédent.

Une synergie administrative pour une sécurité renforcée: Sous l’égide de l’Inspecteur de Santé du Woleu-Ntem, le Docteur Félicien Mintsa, cette rencontre a vu la participation stratégique d’Épiphane Mindoumou, Directeur provincial de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DPCCRF), ainsi que du représentant de l’Antenne du Commerce, Jean Robert Endome Mézières, chef de service Départemental du commerce.

L’objectif est clair: assainir un secteur vital où, les manquements aux normes mettent directement en péril la vie des citoyens.

Venus d’Oyem, de Bitam, Mitzic, Minvoul et de Medouneu, les gérants de dépôts et pharmaciens ont été édifiés sur les procédures légales d’ouverture et les standards de gestion.

Conservation et péremption: – Le médicament, un « poison » potentiel!: Le Dr Félicien Mintsa a fustigé la négligence observée dans plusieurs officines de la province: exposition des boîtes aux rayons solaires, absence de rayonnages adéquats et, plus grave encore, la mise en vente de produits périmés.

«Un médicament mal conservé ou expiré n’est plus un remède, c’est un poison pour le consommateur», a martelé l’Inspecteur, rappelant que la responsabilité pénale des tenanciers est engagée.

Lutte contre la vie chère: Halte à la spéculation! Le volet économique n’a pas été en reste. Épiphane Mindoumou a mis en garde contre les pratiques de surprix. Il a notamment dénoncé la vente au détail abusive qui permet à certains pharmaciens de réaliser des marges illicites. «Un paquet de dix plaquettes coûtant 6 000 FCFA ne peut être revendu à l’unité de manière à atteindre 10 000 francs au total. C’est une spoliation du consommateur», a-t-il souligné, appelant à une probité morale exemplaire.

Importations illégales: Le «Mur de fer» face au Cameroun: L’un des points d’orgue de ces assises a été l’interdiction formelle de commercialiser des médicaments importés de la République du Cameroun. Les autorités ont réitéré la «Tolérance Zéro» face à ces produits dont l’origine et la fabrication restent opaques. Non homologués au Gabon, ces circuits parallèles constituent une menace majeure pour la santé publique, faute de traçabilité en cas d’accident thérapeutique».

Gestion des stocks: -Anticiper pour ne pas rompre: Enfin, l’expertise technique de Télesphore Obame Eyi, agent chevronné de l’Inspection de Santé, a permis d’aborder la question des pénuries. Pour pallier le manque récurrent de médicaments essentiels, il a exhorté les gérants à adopter une gestion préventive.

«Il est impératif de lancer les commandes avant l’épuisement total des stocks, notamment pour les produits de première nécessité, afin d’épargner des désagréments inutiles aux usagers», a-t-il conseillé.

Un tournant pour le secteur: Cette journée du 20 janvier 2026 marque un tournant dans la régulation pharmaceutique du Woleu-Ntem. Entre pédagogie et fermeté, l’administration a posé les jalons d’une gestion plus éthique et rigoureuse. Les contrevenants sont désormais prévenus: la santé des Gabonais ne saurait être un terrain de spéculation ou d’amateurisme.

Les tenants des pharmacies de la province (1) écoutant les explications et les conseils des organisateurs de la rencontre (2).

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