Les responsables du ministère des Sports, dont le directeur de cabinet du ministre, Andy Nziengui Nziengui (au centre), le SG Alain Batchellylis et le Dr Axel Nguema Edou (en médaillon).
Par Annie Mapangou
La Coalition pour le salut du football gabonais (CSFG) a organisé une marche, ce vendredi 03 avril 2026, en compagnie des responsables des clubs amateurs et professionnels, les footballeurs (anciens et en activités), les entraîneurs, les associations sportives, les médias et les associations de supporters pour la libération du sport roi d’un système qui a largement montré ses limites.
Prévu partir de l’immeuble 9 étages pour le ministère chargé des Sports et dont le cortège a été conduit par les membres de cette Coalition, Sylvestre Engonga, Dr Axel Nguema Edou et Darneau Essia Ndong n’a pas pu suivre sont cours normal.
Au sujet de la marche, le Dr Axel Nguema Edou a expliqué: «Nous avons prévu une marche pacifique. Nous avons adressé une correspondance au ministère de l’Intérieur, le lundi 30 mars, en vue d’organiser une marche pacifique. Donc, ils avaient 72 heures pour nous répondre. Au terme des 72 heures, nous n’avons pas eu une notification officielle qui nous l’interdit. Sans notification officielle, cela vaut accord. Nos frères de la Police nous ont dit qu’ils ont reçu instruction officieuse pour que la mobilisation ne puisse se tenir. Sur cette mobilisation, il y avait une marche qui partait des Neuf étages pour le ministère des Sports. Et l’objectif justement c’était de rencontrer le ministre des Sports, afin de lui présenter la situation qu’il connaît sans doute, parce que nous avons introduit des courriers ici, pour justement signifier la violation des textes sur le processus électoral. Nous n’avons pas eu de retour, bien malheureusement.»
Selon les acteurs de cette marche, ils ont effectué cette démarche, pour dire au ministre qu’ils sont en train d’aller vers un chaos et qu’il a tous les leviers de droit pour faire constater la dérive que le football gabonais est en train de prendre et qu’il avait déjà pris depuis près de douze ans.
Le Dr Axel Nguema Edou a par ailleurs pris l’exemple d’un fait d’actualité qui se serait déroulé en Italie, en Europe: «En Italie, comparaison n’est pas raison mais au moins c’est un cas d’école, où effectivement, le ministre a demandé à la Fédération italienne de libérer et par responsabilité républicaine, le président a libéré. Nous voulons justement que le ministre utilise les leviers juridiques, ce n’est pas de l’ingérence c’est juste des éléments qui permettent à ce que nous arrêtions de galvauder notre football et de conduire le pays à la dérive. Nous avons eu le coup de la Libération le 30 août 2023, il ne faudrait pas que ce coup de la libération reste aux portes du ministère des sports et du football gabonais. Il y a tellement de griefs, il y a tellement d’antécédents, qu’aujourd’hui, nous avons ce socio-patriotique de dire qu’il ne faut plus que l’équipe sortante, portée par Pierre Alain Mounguengui puisse se représenter sans pour autant rentrer dans le fond. Il a le dossier du fond, le Tribunal également pour démontrer qu’il y a eu violation flagrante des textes. Par conséquent, nous invitons humblement le ministre à prendre ses responsabilités. Ce ne sera pas de l’ingérence. Ce sera justement l’application des textes de lois gabonais, c’est-à-dire, la loi 033/2020. Mais également l’arrêté 0029 qui demande justement lorsqu’il y a le renouvellement d’un comité exécutif, d’une fédération sportive, il y a une commission qui est mise en place par le ministre en charge des sports et jusqu’à présent, cette commission n’est pas mise en place. Et, c’est ce qui crée justement toute cette difficulté. Donc, il faudrait qu’il puisse avoir ce droit de regard. »
« De quoi avions-nous peur ? De dire le droit ? Malheureusement, même le tribunal a peur de lire le droit. Le tribunal de première instance de Libreville, se dit incompétent et renvoie notre plainte au niveau du tribunal arbitral de Lausanne. Mais laissez-moi vous dire que la loi 033/2020 dit que nous devons avoir un tribunal arbitral du sport, qui doit être mis en place par qui ? Par le ministère des Sports. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une zone de non-droit. C’est-à-dire, on nous envoie à Lausanne, parce qu’on nous dit que nous sommes incompétents. Entre-temps, nous avons des textes qui nous obligent à mettre en place un tribunal arbitral. Donc nous invitons tout simplement le ministre à appliquer les textes. Nous avons écrit pour lui montrer les leviers sur lesquels il peut s’appuyer, pour dire le droit et que nous arrêtons justement de vivre ce que nous vivons.
«Aujourd’hui, nous aurons pu avoir 1.000 personnes ici. Mais pourquoi négligeons-nous la question du sport et du football en particulier? Nous sommes face à un tournant. Le football et le sport, de façon générale, est multidimensionnel. Pourquoi négligeons-nous quelque chose qui peut nous apporter un plus dans notre pays» s’est-t-il interrogé.
L’ancien footballeur international, Parfait Ndong a dit que cette rencontre a pour but de faire comprendre au ministre leur mécontentement. «Le mécontentement c’est de ne plus voir Pierre Alain Mounguengui candidat. C’est le même ministre des sports qui a dit, il n’y a pas longtemps que la Fédération qui veut organiser les élections, n’est pas en règle. Donc, comment voulez-vous que quelqu’un qui n’est pas en règle puisse organiser les élections? Et les clubs qui soi-disant vont aller voter à l’élection sont sans documents.»
Le candidat Darneau Essia Ndong a relaté certains faits: «J’ai écrit au ministre pour lui dire clairement quels sont les problèmes auxquels nous devrons être confrontés avec cette élection. J’ai écrit à l’Assemblée nationale, au Sénat. L’Assemblée nationale m’a renvoyé vers vous.»
Sylvestre Engonga, président de ladite coalition, a indiqué: « Ça tombe bien qu’on est en face le Secrétaire général et le Directeur de cabinet du ministre des Sports, parce que c’est vous qui faites l’action du ministre. Ce que vous dites au ministre, c’est ce que le ministre applique. Les correspondances que nous avons déposées et les demandes d’audience formelles, c’est vous qui les traitez pour que le ministre agisse. Je suppose que si le ministre n’agit pas jusqu’à présent, c’est peut-être vous qui refusez à ce que le ministre nous reçoive. Il y a plus de deux semaines pour certaines correspondances. Il y a eu une demande d’audience formelle. Donc, c’est à vous que revient cette responsabilité.»
Poursuivant son propos, il a déclaré: « J’ai l’habitude de le dire, toute République est normée avec des lois. On ne vote pas ces lois pour le plaisir ou pour faire vraiment allégeance à qui que ce soit. C’est pour le bien de notre pays. Et il faut comprendre une chose. La FIFA n’a aucun traité avec un état, avec qui que ce soit. La FIFA a des relations avec les fédérations. Autrement dit, les textes de la FIFA ne sont pas opposables aux lois nationales. Et aussi, les textes de la FIFA sont par contre opposables aux lois de la fédération. Les textes de la FIFA disent qu’on ne doit pas faire trois mandats consécutifs. Donc c’est la loi supérieure. Mais la fédération gabonaise de football, le comité sortant, le président sortant pour le dire, a déjà fait trois mandats consécutifs. Il modifie les statuts dans sa chambre. Pour dire que les mandats précédents ne comptent plus. On recommence à zéro. Comment est-ce que le congrès du 29 juin 2025, s’est tenu ? C’était en violation flagrante des statuts de 2013. Parce que l’article 27 alinéa 1, dit que le congrès ordinaire se tient tous les ans. Au plus tard, le 30 mars. Mais le congrès de 2025, ordinaire, s’est tenu le 29 juin. Le 29 juin, soit trois mois plus tard. Si on ne respecte pas les lois, on ne peut pas espérer une gouvernance exemplaire. Tant qu’il n’y a pas une bonne gouvernance, on ne peut pas avoir des résultats escomptés. Je vous le dis, j’ai fait sept ans de manager financier de la fédération gabonaise de football. Je sais combien vous dépensez. Quand je dis vous, je dis les compatriotes. Les Gabonais dépensent pour l’équipe nationale. C’est à coût de milliards aux contribuables gabonais. Pour quels résultats? Mais le ministre est en droit. Parce que la fédération n’a que la délégation de mission du ministère. Donc, par conséquent, le ministre doit appeler son délégué pour lui rendre compte.»
La Coalition espère que d’ici le mardi 7 avril, ils pourront avoir une suite du côté du ministère de tutelle et sont disposés à avoir une séance de travail afin d’apporter d’autres éléments de réponse quant à leur démarche. Vu que l’élection est prévu se dérouler, le 18 avril 2026.
