L’écrivaine et éditrice malienne, Kadiatou Konaré, Fondatrice de cauris livres (depuis plus de 25 ans), consule honoraire d’Haïti au Mali, ancienne ministre de la Culture, de l’art, de l’artisanat et du Tourisme du Mali, est un participant symbole qui illustre le niveau élevé de la deuxième édition du Salon du livre de jeunesse que la capitale gabonaise, Libreville abrite depuis mardi 7 avril dernier et ce jusqu’au samedi 11 courant. La ministre a réagi à nos questions.
Propos recueillis par Aryse Nguema
Question: Quel peut être l’apport du Mali dans ce Salon du livre Jeunesse de Libreville ?
Réponse (Kadiatou Konaré) – Un salon du livre, c’est d’abord un lieu d’échanges, de partage d’expériences, du savoir-faire. L’apport du Mali est colossal à mon avis, parce que nous arrivons avec notre savoir-faire, notre réalité. L’apport du Mali, c’est aussi la mise à disposition d’un catalogue qui fait voyager à travers le Mali : des livres qui racontent le Mali à travers son histoire, sa culture, son imaginaire. Et notre maison d’édition Cauris livres est une passerelle entre le Mali et l’Afrique à travers l’écrit, une passerelle entre l’Afrique et le monde à travers l’écrit.
La maison d’éditions Cauris livres, que je représente, est vieille de vingt-cinq ans. Nous faisons partie des vétérans. Donc, c’est encore une fois un partage d’expériences avec des plus jeunes, mais aussi avec d’autres vétérans. Nous parlons du métier, de nos évolutions, de l’économie du livre, de la distribution, des partenariats possibles, de nos relations avec les institutionnels.
Mais, vraiment ce que je retiens de ce salon, en termes d’apports, c’est le partage d’expériences encore une fois.
Q.: Quelles les difficultés du livre de jeunesse au niveau du Mali et que proposez-vous pour sortir de là ?
R.: -Vous savez, les difficultés de livre jeunesse se rejoignent les difficultés du secteur livre de façon générale. Je me suis rendu compte d’une chose: les difficultés que nous rencontrons au Mali, sont presque les mêmes que celles des éditeurs du Gabon ici, du Cameroun, du Tchad et du Niger. Il me semble, qu’il est important, encore une fois, de se parler entre éditeurs, de communiquer et que les uns et les autres arrivent à trouver des solutions à leurs difficultés. Encore une fois c’est de parler de ça et de s’entre-aider dans ce sens-là. Mais le plus gros défi aujourd’hui c’est la question du marché des lecteurs.
Le lectorat, c’est vrai que ce marché est confronté à beaucoup de difficultés. On se rend compte qu’il y a de moins en moins de gens qui lisent, c’est le même constat au niveau du secteur jeunesse, bien entendu, vu que les marchés sont cloisonnés, fermés. C’est un réel souci par rapport à la circulation du livre en Afrique. Le livre du Mali arrive très difficilement sur le marché gabonais par exemple.
Q.: Un mot pour terminer, vos souhaits?
R.: -Un souhait, c’est qu’on puisse multiplier ce type de rencontre, d’échanges. Moi, personnellement en tant qu’éditrice, j’en ai tiré le plus grand bénéfice, parce que j’ai pu échanger avec mes collègues d’Afrique. J’ai compris que mes difficultés n’étaient pas des difficultés isolées, que nous les avons en partage, que nous avons aussi en partage des solutions.
Nous avons parlé de tout cela. Je plaide vraiment pour qu’il y ait des salons de plus en plus, de rencontres, d’échanges.
L’écrivaine et éditrice malienne, Kadiatou Konaré, du Mali (à gauche) et la présidente du Comité d’organisation du deuxième salon du livre de jeunesse de Libreville , écrivaine et éditrice aussi, Sylvie Ntsame.
