Par Annie Mapangou

La deuxième édition du Salon du Livre Jeunesse de Libreville (SLJL), organisé par l’Association pour la promotion du livre et des arts (APLA), sous le thème: «Lire le monde de demain», a poursuivi son programme, le jeudi 09 avril 2026, à la Chambre de commerce de Libreville, avec la présentation des ouvrages de divers auteurs, animé par le Professeur Mexcin Ebane.

Trois ouvrages ont été présentés par le Professeur Mexcin Ebane, il s’agit de : ‘’Les rêves brisés de Badou’’, de Zeina Zoua Abdoulkarim ; ‘’Sobre la épica fang’’, de Jorge Abessolo Ndong Nneme et, ‘’Le Testament de mon Grand-père’’, de Daniel Nadjiber.

Le premier document à être présenté a pour titre : « Les rêves brisés de Badou », de la jeune auteure, Zeina Zaou Abdoulkarim.

Dans ce livre, le personnage, nommé Badou regrette son passé sombre et amère, il a honte de lui. Lui qui avait des rêves de grandeur, se retrouve face aux difficultés. L’université est un autre monde et sortir de ce fameux monde vivant et intact est un exploit. Son expérience l’a transformé et il espère par son histoire que son petit-frère ne tombera pas dans les mêmes dérives

Pour cette première présentation, le livre parle des rêves d’un jeune (Badou) qui échouent face à la réalité sociale. A cet effet, nous remarquons une opposition entre espoir (réussite, avenir meilleur) et réalité (pauvreté, obstacles) ; critique des conditions de vie difficiles en Afrique ; l’importance de la persévérance malgré les échecs et, la dénonciation des illusions (ex: réussite facile, migration, richesse rapide). Par conséquent, tous les rêves ne se réalisent pas, mais ils permettent d’apprendre et de grandir.

Le deuxième livre intitulé «Sobre la épica fang», de Jorge Abeso Ndong Nneme, est un essai consacré à la tradition du Mvet, un art majeur du peuple fang d’Afrique centrale (Gabon, Guinée équatoriale, Cameroun). L’auteur explique que le Mvet est à la fois: un instrument de musique ; un récit épique et poétique et une performance mêlant chant, danse et théâtre.

Le livre retrace les origines anciennes du Mvet, considéré comme l’une des expressions les plus importantes de la culture fang. Il montre que cet art est à la fois esthétique, spirituel et social.

L’auteur défend l’idée que le Mvet est une véritable épopée, comparable aux grandes traditions orales du monde. Ces récits mettent en scène: des héros, des combats, et des éléments mythiques et surnaturels.

Le Mvet transmet ainsi: les valeurs du peuple fang, une vision du monde (cosmogonie) et des enseignements sur la vie, la mort et l’immortalité.

Cet ouvrage analyse: Le passé (tradition orale pure), le présent (menace de disparition ou transformation) et le futur (nécessité de préserver et valoriser cet héritage).

L’auteur cherche à réhabiliter et valoriser la richesse de la culture fang, en montrant que le Mvet est : un patrimoine majeur, une forme d’épopée universelle et un art complexe qui mérite reconnaissance et conservation.

Selon les écrits, ce document est un travail de réflexion culturelle et littéraire qui montre que le Mvet n’est pas seulement un folklore, mais une véritable littérature épique africaine, riche, profonde et digne d’étude.

Le dernier ouvrage qui a été présenté est : « Le Testament de mon Grand-père », de Daniel Nadjiber.

Dans ce livre, Daniel Nadjiber nous fait découvrir le peuple Mbum, qui s’interroge sur son identité et mieux encore sur son patrimoine culturel, qui aurait, selon les dires de l’auteur, connu des épisodes traumatisants dans l’histoire l’ayant conduit de peu au déni, à une crise identitaire.

Heureusement, le peuple Mbum est resté fermement attaché à ses us et coutumes et est aujourd’hui, porteur d’un opulent patrimoine culturel à découvrir pour d’aucuns. Mieux, il dispose d’un héritage patrimonial à découvrir pour d’autres, en l’occurrence les membres de cette communauté disséminée par ailleurs dans plusieurs pays d’Afrique centrale, occidentale, et orientale.

Si pour Ousmane Sembène, l’homme Mbum prend également son ancrage dans les sillons de sa culture, que l’auteur se propose dans ces lignes de revaloriser.

Dans la lecture Testamentaire qu’il entrepreneurs du legs ancestral, Daniel Nadjiber se mue en un Dieu – justicier et fait usage des moyens dont il dispose pour réconcilier le Mbum à son antériorité. Dans une démarche empirique, noyé dans un style lyrique, il fait sienne les leçons reçues de son aïeul afin d’introduire le lecture dans les méandres de l’univers culturel Mbum dans sa globalité.

Démarche noble en soi, qui en faisant certes des incursions sporadiques dans le monde actuel, notamment le monde politique et les soucis de cohésion sociale, avec d’autres communautés, entend tout de même ramener le lecteur à l’essentiel. Cet essentiel qui se résumerait à la prise en compte des précieux conseils que la tradition Mbum a su liguer à la postérité.

«Le Testament de mon Grand-père» est un livre qui transmet les enseignements d’un grand-père à travers la culture Mbum. Il nous parle ainsi de l’importance de la tradition et de l’héritage culturel ; de la présence de mythes, rites, religion et monde spirituel ; de la valorisation de la famille, du respect des anciens, du travail collectif et de la dénonciation des injustices subies par certains peuples.

Retenons que ces trois œuvres parlent de l’identité africaine :

  1. Les rêves brisés de Badou relatent les réalités sociales et les difficultés des jeunes ;
  2. Sobre la épica fang fait mention de la richesse des traditions culturelles ;
  3. Le Testament de mon Grand-père évoque la transmission des valeurs ancestrales.

On peut également ajouter que l’Afrique se positionnant entre tradition et modernité, les peuples doivent conserver les valeurs culturelles. Et, les jeunes doivent faire face à des défis sociaux importants vu que, l’identité se construit grâce à l’histoire, la culture et l’expérience.

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