Par Annie Mapangou

Les Confédérations syndicales des travailleurs ont fait une déclaration de presse, ce vendredi 10 avril 2026,   dans le cadre de l’organisation des élections professionnelles, au siège social du SENA, sis au quartier la Peyrie, en présence des camarades syndicalistes du secteur public et privé, amis et sympathisants.

La lecture de cette déclaration a été faite par le président de la Confédération syndicale des Agents publics, parapublics et privés (COSYNAP), Rubain Paul Zoukoue Ella. Dans son propos, il a déclaré, en revenant sur les événements antérieurs: «Depuis les années 90, le monde syndical, à l’instar de l’environnement politique, a connu de grandes mutations, à travers le foisonnement des organisations syndicales des travailleurs. Cette prolifération des structures syndicales a bien souvent été jugée trop abondante par les différents Gouvernements successifs dans notre pays. C’est pourquoi, depuis plusieurs années, l’État a trouvé nécessaire de réguler ce milieu syndical, par la tenue des élections professionnelles, en vue de dégager la représentativité, et surtout, pour avoir des interlocuteurs reconnus par la majorité des travailleurs.»

En outre, les Confédérations Syndicales des Travailleurs déplorent les nombreuses tentatives d’organisations de ces élections qui se sont avérés infructueuses, dès qu’elles n’ont jamais abouti.

Poursuivant la lecture, il a rappelé l’espoir qui était visible après le 30 août 2023. «Ainsi, après la date du 30 août 2023, marqué par le coup de la Libération, le Goût de la Transition, par le truchement du ministère du travail, avait remis au goût du jour l’organisation des élections professionnelles, mettant ainsi en place une commission technique préparatoire tripartite, le 17 novembre 2026, dont les missions étaient, entre autres, la rédaction et l’adoption des textes juridiques y relatifs, assortis d’un rapport contenant des recommandations, au terme des travaux.»

Le président de la COSYNAP a rappelé des faits sous la direction de l’ancien gouvernement: «Nous rappelons, à toutes fins utiles, que durant la tenue des travaux de cette Commission, le Gouvernement de cette époque avait proposé le format des élections générales uninominales, dans l’optique de l’inclusivité, ce que nous avons approuvé.»

L’intervenant a souligné que dans l’espoir d’une continuité de l’action gouvernementale, « Madame le ministre actuel du travail, en date du 23 janvier 2026, a convié les organisations syndicales à une réunion au siège du PNPE, puis le 11 février 2026, à l’auditorium de la Fonction publique, en collaboration avec sa collègue de la Fonction publique, pour nous annoncer la tenue, vaille que vaille, des élections professionnelles, déclinant ainsi la fin du mois de février 2026, comme date fatidique du déroulement des dites élections, puis fin mars 2026, en dépit des nombreuses réserves émises par les organisations syndicales des travailleurs, sur la non faisabilité que comportaient ces différentes dates», a-t-il expliqué.

Au sujet de la nouvelle Commission préparatoire: Rubain Paul Zoukoue Ella a note que: «Quelques jours plus tard, Madame le ministre a fini par convoquer une nouvelle Commission préparatoire regroupant l’Administration, le Patronat et les travailleurs. Malheureusement, nous avons constaté, avec regret, que malgré la tenue de la commission préparatoire, il existe toujours une forme d’imbroglio sur les modalités pratiques de ces élections, car, ni le format des élections, ni la définition de la qualité des candidats, encore moins l’électeur n’était pas clairement énoncé».

Au regard de cette situation, ils ont conclus: «Tout simplement, nous avons observé que le Gouvernement, pour l’organisation des élections dont nous sommes les principaux acteurs, fonctionne en toute opacité et décide de tout, de manière unilatérale. Ce qui nous amène à soupçonner un passage en force de leur part».

Poursuivant le rappel des faits, il a indiqué: «comme si cela ne suffisait pas, en date du 16 mars 2026, Madame le ministre du Travail a saisi le Point focal des Confédérations, par courrier N° 00219/MTPETDSFP/CAB.M, conviant les organisations syndicales à désigner leurs représentants au sein des Commissions électorales nationales, provinciales, communales et départementales pour ces élections, alors qu’il n’y avait jusqu’alors aucun texte juridique à notre connaissance, et, faisant fi de tous les préalables posés au sein de la Commission préparatoire».

Avant de poursuivre: «Dans le même élan, en date du 20 mars 2026, Madame le ministre du travail a sorti un arrêté N° 007/MTPEDSFP du 20 mars 2026, portant dérogation à titre exceptionnel, au délai d’organisation des élections professionnelles dans les entreprises. C’est suite à cette note que nous pouvons imaginer la volonté cachée du Gouvernement à organiser les élections au format des Délégués du personnel, pendant que les textes de la Fonction publique ne le prévoient guère». 

Dans la suite de leurs démarches, ils ont posés des actions: « Fort de toutes ces dérives flagrantes, les confédérations syndicales, animés par la volonté de voir ces élections se dérouler en toute quiétude, ont jugé important de rédiger deux courriers, l’un au président de la République, Chef de l’État, Chef du gouvernement, le 25 mars 2026, dans l’optique d’attirer son attention sur les pratiques peu orthodoxes orchestrées par le gouvernement, à travers les énormes manquement observé dans la préparation de ces élections. L’autre courrier a été adressé à Madame le ministre du travail, le 24 mars 2026, pour refuser les égarements constaté et l’inviter à plus de concertation et et de considération pour les travailleurs. Ces courriers sont demeurés jusqu’à ce jour, sans suite».

La date des élections fixées par le ministre du Travail: « Par la suite, Madame le ministre du Travail, à travers un communiqué de presse, du 8 avril 2026, a convié les organisations syndicales à une réunion qui a eu lieu hier, à la Fonction publique et au cours de laquelle elle nous annonçait, la date du 22 avril 2026, pour la tenue des élections».

Le refus des Confédérations à prendre part à ces élections: « Au regard de ce qui précède, nous, Confédérations syndicales, USAP – UTG – CSG – COSINEQ – CDSA – UGSR – BSPS – DU – ODESTRAG – CODETRAG – COSYNAP – CAPPE – CGSL/LO – CSTG – MSTGV, regroupées au sein du G 17, décidons de ne pas prendre part à ces élections dans ces conditions d’impréparations et de flou».

Par ailleurs, ces Confédérations syndicales sollicitent la Commission préparatoire, par rapport au cadre juridique: «En conséquence, demandons que la Commission préparatoire mise en place, à cet effet, puisse achever sa mission aux fins d’aboutir à la mise à jour des conditions préalables ci-après: un cadre juridique électoral formel, c’est-à-dire, la Loi électorale qui définit clairement toutes les conditions électorales et de financement requise, à savoir, entre autres :

  • L’organe chargé d’organiser les élections ;
  • Le format électoral retenu ;
  • La date électorale ;
  • La période de campagne électorale ;
  • Les critères d’éligibilité ;
  • La composition du dossier de candidature ;
  • Le dépôt des dossiers de candidature ;
  • La vérification, réclamation, validation et publication des candidatures ;
  • L’élaboration de la liste électorale ;
  • L’identification des entreprises du secteur privé ;
  • L’identification des administrations du secteur public et parapublic ;
  • La définition du nombre de Commission électorale ;
  • La définition des critères de représentativité ;
  • Le financement de la campagne électorale».

Retenons que le Bureau international du travail (BIT) est l’organe permanent de l’Organisation internationale du travail (OIT). Son fonctionnement repose sur une organisation tripartite unique, à savoir: le groupe des gouvernements, le groupe des employeurs et celui des travailleurs.

  1. Le groupe des gouvernements: ce groupe représente les États membres. Il participe ainsi à la prise des décisions sur les politiques du travail. Il propose et applique les lois sociales au niveau national.
  2. Le groupe des employeurs: ici, il représente les entreprises et les patrons. Il défend les intérêts économiques et la productivité.

Il participe aux discussions sur les conditions de travail et l’emploi.

  1. Le groupe des travailleurs: il représente les salariés, à travers les syndicats. Il défend les droits des travailleurs (salaires, sécurité, conditions de travail). Et, c’est ce groupe qui lutte pour la justice sociale.

Donc, le BIT fonctionne grâce à une collaboration entre: les États, les employeurs et les travailleurs. C’est cette collaboration qui permet d’équilibrer les intérêts de tous dans le monde du travail.

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