Par Annie Mapangou

Heavens Travel & Tour a organisé, ce mercredi 15 avril 2026, la première édition de Gabon Éduc’Tour 2026, à la Baie de rois avec le concours de ses partenaires. Un événement international dédié à la promotion de la destination Gabon et au développement des partenariats touristiques.

Il réunit ainsi, des tour-opérateurs nationaux et internationaux, des agences de voyages, des hôtels, des institutions, des investisseurs et des médias autour d’un programme combinant exposition touristique, conférences, rencontres professionnelles et circuit de découverte à travers le Gabon.

Son objectif est de permettre aux professionnels du tourisme de découvrir concrètement les destinations et les produits touristiques du Gabon, afin de mieux les programmer, les commercialiser et les promouvoir les marchés internationaux.

Cet événement est un espace de rencontres, de dialogues, de visibilité, de pédagogie, mais surtout un espace de prise de conscience collective.

C’est dans ce cadre que le Directeur général de Luxury Green Resorts, Christian Mbina, ouvrant les travaux a relevé que cette prise de conscience sur une vérité simple, le tourisme n’est pas un secteur secondaire. «Le tourisme est un choix de civilisation, un levier économique, un outil d’image, un moteur territorial, un instrument de souveraineté et une promesse d’avenir. Le Gabon est un pays d’exception, un pays béni par la nature, un pays dont la beauté n’est pas un slogan mais une réalité. »

Poursuivant son propos, il a ajouté: «Un pays de forêts majestueuses, de plages sauvages, de lagunes, de mangroves, de rivières, de chutes, de cultures, de traditions, de villages authentiques et d’une biodiversité parmi la plus remarquable au monde. Le Gabon, c’est une terre où la forêt rencontre l’océan. C’est une terre où l’on peut encore vivre une émotion rare face à la nature intacte. C’est une terre qui possède, sans exagération, l’un des plus grands potentiels écotouristiques du continent africain et même du monde. Mais ayons le courage de dire avec lucidité, qu’avoir un potentiel ne suffit pas. Le potentiel, s’il n’est pas structuré, s’il n’est pas promu, rendu accessible et transformé en expérience, reste une promesse non tenue »

Christian Mbina a fait savoir que le moment est venu pour le Gabon de franchir un cap. «Oui, le Gabon doit s’ouvrir au monde. Nous devons le dire clairement. Le Gabon ne peut plus rester une destination. C’est une destination admirable, mais difficilement accessible. Nous devons faciliter la venue des voyageurs, des investisseurs, des chercheurs, des opérateurs, des amoureux de la nature, des professionnels de l’événementiel, des créateurs de contenu, de porteurs de projets. Et pour cela, il y a une évidence. Nous devons continuer à simplifier et à faciliter les procédures de visa. Le visa ne doit pas être un frein.»

Pour le Directeur général de Luxury Green Resorts le visa doit devenir un outil de compétitivité. «De nombreux pays, parfois avec moins de potentiel naturel, moins de diversité, moins d’authenticité, obtiennent aujourd’hui des meilleurs résultats en matière d’attractivité touristique, tout simplement parce qu’ils ont compris une chose essentielle: on ne développe pas le tourisme en compliquant l’accès à la destination !»

Selon Christian Mbina, le monde voyage vers le pays qui l’accueille. Le monde investit dans les pays qui ouvrent leurs portes. Le monde revient là où l’expérience commence, avant même l’atterrissage.

«Autre vérité fondamentale, nous ne serons jamais pleinement compétitifs si le coût de transport aérien reste un obstacle majeur. Le billet d’avion vers une destination n’est pas un détail. Il est souvent le premier filtre économique dans la destination du voyageur. Si nous voulons faire du Gabon une destination plus visible, plus fréquentée, plus rentable, plus attractive, nous devons travailler collectivement à rendre l’accès aérien plus compétitif. Cela suppose une réflexion sur les coûts et taxes qui pèsent sur le transport aérien, une stratégie plus offensive de la connectivité régionale et internationale, des alliances d’intelligence avec des compagnies aériennes et une vision claire», a-t-il ajouté.

Le DG Christian Mbina (1),  lors de son intervention, devant une forte assistance (2).

Parcourant les lignes de son discours, le Directeur général a apporté des précisions par rapport au transport : « Le transport aérien n’est pas un secteur isolé du tourisme. Le tourisme est un secteur transversal. Il l’engage toute la nation. C’est pourquoi il faut rappeler avec force que le tourisme est un secteur transversal. Il engage toute la nation… Aucun pays ne bâtit une industrie touristique forte sans coordination. Le tourisme exige une mobilisation intersectorielle, une gouvernance cohérente, une vision partagée et une discipline collective. Car ce que nous appelons souvent la nature gabonaise, ce que nous appelons parfois notre patrimoine, est en réalité bien plus que cela. C’est notre or vert. »

«Cet or vert peut devenir, si nous le voulons vraiment, un moteur de croissance inclusive, de création d’emplois, de développement territorial, de fierté nationale et de prospérité durable. Permettez-moi d’insister sur un point fondamental. Aucun pays aujourd’hui ne valorise durablement son tourisme sans une marque forte. Aucune destination sérieuse ne se développe sans identité claire», a-t-il indiqué.

Il a aussi soulevé le point selon lequel, le Gabon a besoin de s’identifier: «Aucune destination ne s’impose sur la scène mondiale sans un récit, une image, une promesse, une cohérence. Le Gabon a besoin d’une marque touristique forte, stable, ambitieuse et durable. Une marque qui dépasse les changements administratifs. Une marque qui parle au monde. Une marque qui incarne notre singularité. Une marque qui dit clairement ce que nous sommes. Car le marketing de destination n’est pas un luxe. Ce n’est pas une décoration institutionnelle, c’est un outil stratégique puissant. Un outil pour attirer les voyageurs, séduire les investisseurs, rassembler les marchés, assurer les marchés, valoriser les territoires, structurer l’offre, fédérer les acteurs et projeter une image cohérente du pays. »

Il a par la suite déclaré: « Le temps est venu d’aller plus loin. C’est le tourisme de potentiel pour entrer dans le tourisme de performance. Nous devons bâtir une industrie d’excellence. Cela signifie professionnaliser les acteurs, améliorer la qualité des services, renforcer la formation et les compétences, structurer les chaînes de valeur locale, encourager l’entrepreneuriat touristique, faire émerger les standards élevés en matière d’accueil, de sécurité, d’expérience client et de durabilité, intégrer davantage les communautés locales… Et faire du tourisme un véritable levier de transformation économique. Le Gabon ne doit pas simplement être beau. Le Gabon doit être prêt. Prêt à accueillir. Prêt à séduire. Prêt à fidéliser. Prêt à convaincre. Prêt à performer. Notre ambition doit être claire. Inscrire définitivement le Gabon sur la carte mondiale des grandes destinations écotouristiques. Pas de manière symbolique, pas de manière ponctuelle, mais de manière structurée, crédible, durable et reconnue. Le Gabon cherche aujourd’hui des destinations authentiques, des expériences de nature, des territoires préservés, du sens, de l’émotion, de la rareté et des modèles de tourisme plus responsables. Le Gabon a tout cela. Mais il faut maintenant organiser cette promesse. »

Attirant l’attention du public, il a évoqué : « Mesdames et messieurs, nous n’avons plus le droit de simplement admirer notre potentiel. Nous avons désormais le devoir de transformer. Transformer la beauté en attractivité. Transformer l’attractivité en activité économique. Transporter l’activité économique en emploi. Transformer les emplois en dignité. Transformer la nature en prospérité durable sans jamais la trahir. Oui, le Gabon peut devenir une référence mondiale en matière d’écotourisme. Oui, le Gabon peut faire de sa biodiversité un avantage compétitif. Oui, le Gabon peut faire de son or vert un pilier de son avenir économique. »

Pour parvenir à cette position, le Directeur général a indiqué que  cela exige une mobilisation nationale, une vision, une marque, une ouverture, une accessibilité, une compétitivité, une exigence de qualité et surtout une volonté collective.

Avant de lancer un appel: « J’aimerais lancer un appel simple mais profond. Soyons la génération qui ose bâtir le Gabon de demain. Soyons la génération qui transforme le potentiel en puissance. Soyons la génération qui ose bâtir le Gabon de demain. »

Notons que le tourisme n’appartient pas uniquement au ministère du Tourisme. Le tourisme concerne les transports, l’intérieur et les visas, les infrastructures, la culture, l’environnement, la sécurité, l’artisanat, les collectivités locales, la formation professionnelle, le numérique, la communication, l’investissement, les finances et bien sûr le secteur privé que nous sommes. Aucun pays ne construit une grande destination avec une seule administration.

Cet événement qui prendra fin, le 30 avril 2026 se poursuit avec le processus de la découverte de plusieurs destinations, selon le circuit touristique suivant: Libreville – Pointe Denis – Lambaréné – Fougamou – Tchibanga – Mayumba – Parc de Louango et Port-Gentil.

 

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