Un passage remarquables des employés de la Société des boissons rafraichissantes du Gabon.

Par Annie Mapangou

Le Gabon, à l’instar des autres pays du monde, a commémoré le 140ème anniversaire de la Fête du 1er mai 2026, à travers le défilé des travailleurs au Boulevard Triomphal, sous le thème: « Unis pour une représentativité syndicale constructive, au service du développement national». C’était en présence du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma, accompagné de la Première Dame, Zita Oligui Nguema, des membres du gouvernement, des autorités administratives et militaires, des membres du Corps diplomatique, des Forces de l’ordre et de sécurité, des responsables syndicaux, des partenaires et des invités.

Les cent-cinquante travailleurs qui ont été décorés sont issus de diverses entreprises et administrations, notamment la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la Société des boissons rafraichissantes du Gabon (SOBRAGA), la Société d’exploitation du transgabonais (SETRAG), la Caisse de dépôts et des consignations (CDC) et la Maison du meuble, etc.

La cérémonie de décoration s’est soldée par la remise de trois types de médailles, à savoir : en bronze, soit 10 ans d’exercice ; d’argent, pour 20 ans d’exercice et d’or, soit 30 ans. La CNSS s’illustre ainsi avec près de 90 de ses agents décorés.

L’un des travailleurs de la CNSS, Emmanuel, agent comptable ayant bénéficié une médaille d’argent a exprimé sa satisfaction: «Aujourd’hui, je compte pratiquement 26 ans de boîte. La fête du travail pour moi, c’est la lutte des travailleurs pour acquérir et obtenir leur dignité.»

Après la traditionnelle cérémonie de remise de médailles, la parole a été donné tout à tour au Représentant des travailleurs, Aloïse Mbou Mbine , suivi du ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, Jacqueline Bignoumba.

La lecture du manifeste des travailleurs évoque les maux que subissent les travailleurs. Cette première célébration sous la cinquième République est empreinte de politiques du plein emploi, dans le cadre de la restauration avec des projets comme « un jeune, un taxi ; la formation des nationaux aux divers métiers de l’économie nationale».

Les agents du Casino Croisette (1) et ceux de la Sétrag (2) lors du défilé  vendredi dernier.

Aloïse Mbou Mbine a également relevé le fait que le travailleur gabonais traverse une période marquée par un climat délétère tel que : l’environnement de l’inflationniste qui plombe le panier de la ménagère, à la précarité de l’emploi, source de conflits sociaux par une législation de moins en moins adaptée à l’évolution du temps.

C’est dans cette optique qu’il a tenu à rappeler pourquoi nous célébrons chaque 1er mai, la Fête du Travail: « La commémoration de la fête du travail reste liée aux évènements douloureux de Chicago, aux États-Unis d’Amérique, au cours desquels les travailleurs sont tombés sous la répression de l’Armée, les journées des 3 et 4 mai 1884. L’évènement a été marqué par l’arrestation des dirigeants syndicaux, qui ont été jugés et condamnés par pendaison pour avoir revendiqué l’amélioration des conditions de vie et de travail… Deux plus tard, la dignité du travail fut rétablie. »

La Fête du 1er mai est célébrée chaque année depuis le 1er mai 1886, en mémoire du sacrifice et du sang versé des travailleurs, dans l’exercice du droit syndical.

La ministre du Travail, dans son mot de circonstance, a indiqué après la lecture de ce manifeste : « Toutes les préoccupations ne pourront pas être satisfaites immédiatement non pas par manque de volonté, mais parce que gouverner c’est arbitrer dans le réel avec des contraintes économiques, budgétaires et institutionnelles. En revanche, aucune revendication sérieuse ne sera écartée sans examen ni réponse. »

Elle a par la suite annoncé trois orientations majeures :

  1. La refondation du dialogue national, du dialogue social : le gouvernement s’engage à accélérer la mise en place effective du Conseil national du dialogue social.
  2. La modernisation du cadre de travail : la révision du Code du travail sera engagée dans une démarche participative. Elle prendra en compte les mutations économiques, la protection des travailleurs, mais aussi les exigences de compétitivité de notre économie.
  3. La justice sociale et crédible de l’État employeur : la question de la dette sociale, notamment vis-à-vis des organismes de protection sociale est une préoccupation à laquelle le gouvernement va se pencher et sera traitée avec rigueur et transparence.

«La transformation du monde du travail ne dépend pas uniquement de l’État ; elle suppose aussi des organisations syndicales fortes, responsables et unies dans leurs objectifs essentiels. La pluralité est une richesse, mais la division affaiblie la portée des combats collectifs. La formation syndicale doit être une priorité», a-t-elle ajouté.

Retenons que le rôle du gouvernement à travers le ministère en charge du Travail est celui d’être garant de l’équilibre du dialogue, du respect, de la protection et de la dignité du travail tout en préservant l’outil de travail.

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