Les directeurs généraux autour des membres du gouvernement, pour immortaliser cette journée de la liberté de la presse au Gabon.
Par Annie Mapangou
Le ministère de la Communication et des médias a organisé, en différé, en partenariat avec le Bureau de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) du Gabon, ce vendredi 08 mai 2026, dans le Hall de la Maison Georges Rawiri, au Boulevard triomphal, la Journée mondiale de la Liberté de la Presse (JMLP), sous le thème: «Façonner un avenir de paix», en présence des membres du Gouvernement, du Représentant de l’UNESCO, du Représentant de la Haute Autorité de la Communication (HAC), des professionnels des médias et des invités.
Célébrée en différée, la cérémonie protocolaire a débuté avec trois allocutions, à savoir : le Représentant des médias, Brice Ntoutoume ; le Représentant de l’UNESCO, Patricio Zambrano Restrepo et le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow ; suivie de trois Panels.
Brice Ntoutoume dans son mot circonstanciel a déclaré que cette journée n’est pas une fête ordinaire, qu’elle est un rappel historique. «En effet, elle commémore la 33ème année de la déclaration de Windhoek, en Namibie, qui a réaffirmé une idée simple et essentielle: ‘’pas de démocratie sans une presse libre, pluraliste et indépendante’’. »
Il s’est interrogé sur la place du Gabon trente-trois ans après, dans cette expression libre. «Au lendemain du 30 août 2023, marquant la chute de l’ancien régime, le Gabon faisait un bond remarquable, pour se hisser à la 56ème place, juste derrière les États-Unis d’Amérique. Aujourd’hui, selon le dernier rapport 2026 de Reporters sans frontières, notre pays a reculé de deux places. Ce léger recul doit nous interpeller, car il est le signe que la vigilance ne doit jamais faiblir… »
Pour notre confrère Brice Ntoutoume, la liberté de la presse n’est pas un acquis. Elle est un combat permanent. Et invite ainsi tous les acteurs de l’écosystème médiatique de notre pays à défendre son droit fondamental, le droit d’informer et le droit d’être informé. Car sans une presse libre, il n’y a pas de débats publics. Et sans débats publics et contradictoires, il n’y a pas de démocratie.
La forte assistance lors de la cérémonie, avec des membres du gouvernement autour du ministre de la Communication (1), qui a honoré plusieurs confrères pour leur mérité, dont François Ndjimbi de gabonreview.com (2).
Pour sa part, le Représentant de l’UNESCO, Patricio Zambrano Restrepo, a souligné l’engagement de l’organisme dont il a la charge auprès du gouvernement gabonais, dans les défis majeurs des droits de l’homme et des développements du Gabon, sans oublier le secteur des médias.
« … La liberté d’expression et la liberté de médias, ce sont des droits indispensables pour la démocratie et pour la transparence des institutions publiques, ainsi que pour la participation citoyenne. La liberté de presse constitue un socle de droits des citoyens à la formation, aussi un pilier de la transparence de l’action publique, et un levier de l’humanité et de la confiance entre les institutions et la population… ça fait 33 ans de la déclaration de cette journée. Mais en 33 ans, on a beaucoup changé: on a changé la façon de communiquer, on a changé le message et, peu à peu, l’Internet et les réseaux sociaux se sont élargis comme espaces d’expression plus faciles et dans lesquelles on accède de plus en plus à l’information», a relevéé Patricio Zambrano Restrepo.
Le diplomate n’a pas manqué de relever « le risque de désinformer, de mal informer, et souvent d’amplifier une nouvelle qui n’est pas la correcte. Déplorant que cette façon de faire, «cause le chaos, on cause des problèmes sociaux.»
Chiffre en main, Patricio Zambrano Restrepo a fait savoir que «selon les dernières études que l’UNESCO a fait, plus de 60% de la population mondiale s’informe principalement via plateforme numérique».
Ce qui pour lui démontre l’importance des réseaux sociaux dans la communication quotidienne des citoyens et des citoyennes. «C’est dans ce cadre-là que nous pensons, en tant que Nations Unies, que la gouvernance de l’espace et informationnelle doivent être traité avec tous les acteurs de ces secteurs», a-t-il précisé.
Le ministre de la Communication et des Médias, dans son mot de lancement des activités de cette journée, a tenu à rassurer le représentant de la presse gabonaise sur les textes importants que le gouvernement a adopté le 26 février 2026, notamment les ordonnances qui portent sur la régulation des réseaux sociaux ; l’ordonnance modifiant le cours de la communication ; la régulation des réseaux sociaux et, en particulier le projet de loi portant statut particulier des professionnels de la communication ; le projet de loi portant accès à l’information publique.
Germain Biahodjow a reconnu que la demande faite par le représentant des médias est légitime: «À ce jour, ces textes sont déjà disponibles, dans la navette institutionnelle entre le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat. Nous attendons notre passage devant le Parlement pour solliciter la ratification de ces textes importants qui vont modifier nos paysages médiatiques. C’est pour vous rassurer que, en toute responsabilité, le gouvernement a correctement fait son travail.»
Faisant un commentaire sur la régression du Gabon par rapport au classement de Reporter sans frontières, Germain Biahodjow s’est voulu aussi rassurant: «Je voudrais aussi vous rassurer que la dégradation de notre positionnement actuel n’est pas une fatalité, c’est tenant compte de quelques contingences, et c’est normal, la vie d’une nation. Et vous dire au nom du chef d’État, que le mieux ne s’est fait pas ailleurs en matière de liberté de la presse. Je peux dire que le meilleur s’est fait au Gabon, parce que le Gabon reste l’un des rares pays à constitutionnaliser depuis 2025 ses droits fondamentaux, notamment la liberté de la presse.»
Pour le ministre, la liberté de la presse doit être exercée au Gabon comme partout ailleurs, dans le respect de l’éthique et la déontologie de la profession, ainsi que dans le cycle de respect des lois et règlements en vigueur.
Après ces trois allocutions, il y a eu la cérémonie de remise des certificats de reconnaissance, entre autres François Ndjimbi et Pierre Noël Botsika.
Les autres récipiendaires cités étaient absents: Victor Mbenga Effa, François Duc Moukouangui, Désiré Ename, Paul Mbadinga Matsiendi et Brigitte Anguilet.
