Par Richard Nguema Ondo

Une scène pour le moins humiliante pour Les Sociaux-Démocrates Gabonais (SDG), une formation politique qui ambitionne de compter sur l’échiquier national, mais sans siège désormais à Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem. Le siège du parti SDG a été définitivement fermé par sa propriétaire. En cause pour ce divorce: dix mois de loyers impayés. Une situation qui plonge le parti dans une errance institutionnelle inédite dans le «Grand-Nord».

 Le calvaire d’une veuve face à un locataire «indélicat»

La sentence est tombée comme un couperet. La propriétaire du bâtiment, une veuve septuagénaire dont la location constitue l’unique source de revenus, a finalement décidé de mettre un terme au bail, après presque un an d’attente vaine. Pour cette retraitée, ces dix mois d’arriérés représentent un véritable supplice financier, mettant à nu l’insensibilité de la direction du SDG, face à une situation sociale précaire.

Dans les rues d’Oyem, l’indignation grandit. Plusieurs observateurs locaux n’hésitent plus à qualifier la formation politique d’«aventureuse», pointant du doigt une gestion administrative et financière totalement défaillante.

Une rupture consommée entre Libreville et la base

Ce petit scandale immobilier n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le malaise couve en réalité depuis les dernières échéances électorales législatives et locales. À l’époque, les candidats investis dans le Woleu-Ntem s’étaient déjà sentis abandonnés par leur propre état-major.

«C’est la hiérarchie du parti qui nous avait incités à nous positionner, mais une fois sur le terrain, nous avons dû nous débrouiller seuls, sans aucun appui logistique ou financier des instances nationales», déplore un ancien candidat malheureux sous le sceau de l’anonymat.

Depuis plus d’un an, le cordon ombilical semble rompu: le silence radio est total entre le directoire de Libreville et les militants de la province.

Un avenir politique hypothétique dans le Septentrion

Aujourd’hui, une question cruciale demeure: qui soldera la dette contractée auprès de la bailleresse? Alors que le matériel du parti gît sans surveillance, aucun militant local ne semble prêt à endosser la responsabilité d’une structure qui les a délaissés.

Un appel vibrant est désormais lancé aux hauts cadres du SDG, afin de régulariser la situation de la propriétaire au plus vite. Sans siège physique, sans communication et sans ancrage effectif, la survie du parti dans le Woleu-Ntem paraît désormais plus qu’hypothétique. Pour les SDG, le chemin de la reconquête dans le Grand-Nord semble s’être arrêté au seuil d’une porte close!

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