Par AN

Les villes de Beijing et Guang’an (Chine) viennent du 12 au 25 mai 2026, un séminaire sur la sauvegarde et le développement du patrimoine culturel immatériel (PCI) pour les pays francophones d’Afrique dont le Gabon. L’artiste peintre, sculptrice Michelle Nze, en charge du Rayonnement culturel, qui conduisait la délégation gabonaise forte de quatre personnes, dresse ici le bilan et présente les avancées du PCI dans notre pays.

«Ce séminaire en Chine a été une opportunité importante de dialogue interculturel, entre le Gabon et la Chine. Il a favorisé les échanges d’expressions en matière de protection du PCI, de transmission des savoirs traditionnels et de développement culturel durable. Il a permis également de promouvoir la culture gabonaise sur la scène internationale et de renforcer la coopération culturelle entre les deux pays», a déclaré Michelle Nzé.

Ce rendez-vous du donner et du recevoir bien apprécié par tous les participants, a été aussi l’occasion pour la cheffe de délégation de présenter les avancées du PCI dans notre pays.

«Le Gabon, indépendant depuis le 17 août 1960, possède un PCI d’une richesse exceptionnelle, transmise de génération en génération, à travers les rites traditionnelles, expressions spirituelles, sociales et éducatives des communautés gabonaises. Ils représentent des chemins de transmission spirituelle, morale et communautaire permettant de former l’individu et de renforcer le lien social».

A propos des langues maternelles, Michelle Nze a fait savoir qu’elles portent la mémoire collective, les savoirs traditionnels et de mode de pensées des différentes ethnies du pays ; des danses, les récits épiques et le savoir-faire lié à l’artisanat.

Pour Michelle Nze, «Dans un contexte de mondialisation et de modernité rapide, la sauvegarde de ses traditions devient une priorité, afin de préserver l’identité culturelle nationale et de valoriser l’héritage du peuple gabonais».

Dans une présentation qui a capté l’attention de toute l’assistance, Michelle Nze a décliné la liste indicative du PCI du Gabon. Précisant qu’elle est conforme à l’article 2, sur les domaines de la Convention 2003 de l’UNESCO. Cité, entre autres:

-Les traditions et expressions orales (3) ;

-Les arts du spectacle (11) ;

-Les pratiques sociales et évènements festifs (21) ;

-Les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers (4) ;

-Le savoir-faire lié à l’artisanat (6).

Avec force et vigueur, l’exposante a exposé aussi sur la vision du Gouvernement gabonais sur les PCI. «Le président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, inscrit dans son projet de société au pilier 6.2.B, du Projet «Batissons l’Edifice Nouveau», s’engage à protéger et valoriser notre PCM et notre PCI».

Notant que pour la promotion et la protection du PCI, le Gouvernement a initié un programme national de recherche sur le PCI, cela en lien avec le développement ; et qu’un inventaire national pour la sauvegarde du PCI est en cours de réalisation.

L’exposante s’est appesanti sur le cadre juridique du PCI au Gabon, en citant la loi N° 02/94 du 23 décembre 1994, portant protection des biens culturels en République gabonaise. Celle-ci a été renforcée par la loi 016/2025 portant orientation de la politique culturelle au Gabon qui encadre les activités relatives au PCI.

Michelle Nze a cité plusieurs éléments de notre culture inscrit au patrimoine de l’UNESCO. C’est le cas du Mvett. Et que plusieurs autres, à l’instar du Bwiti, Ndjembè, Djobi, Melane, Ikoku, Mougala, etc., sont en cours.

En termes de savoir-faire, elle a relevé la sculpture de la pierre de Mbigou, le tissage du raphia ; la sculpture sur bois, etc.

Au niveau international, elle a fait savoir que le Gabon a ratifié la convention 2003 sur la sauvegarde du PCI.

Citant quelques action du PCI: la vulgarisation de la convention  2003 de l’UNESCO sur le plan national ; l’organisation des ateliers  de formation des cadres professionnels sur la convention 2003, sur les mécanismes de sauvegarde, sur le partage des bonnes pratiques, sur les techniques d’inscription aux listes de l’UNESCO (ICH01 et ICH02) ; le développement d’un master 2 spécialisé sur PCI et production culturelle à l’Université (UOB).

Elle a parlé de l’existence du musée national et de son rôle dans la conservation du PCI. Les collections d’objets qui y ont été retournées.

«Est considéré comme PCI, la manifestation de l’élément culturel. Un masque en mouvement est un PCI. Le musée a pour rôle de conserver les objets du PCI», a terminé Michelle Nze.

La composition de la délégation gabonaise :

-Madame Michelle Nze, en charge du Rayonnement Culturel, Artiste Peintre Sculptrice International ;

-Madame Joelle Cornelia Victoire Anaïs Ogona, Chargée d’Etudes ;

-Madame Elza Ibendzi Mouele épouse Moukolebala, Agent ;

-Monsieur Edmond Gervais Peindi, Directeur des Industries Culturelles.

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