La forte délégation des Essangui en provenance d’Oyem.
Par Richard Nguema Ondo
Une importante délégation de l’association MURE (Mouvement Uni des Ressortissants Essangui), de la province du Woleu-Ntem, vient de prendre une part active à la première édition du Festival de la synergie «MBIDAMBANI». Organisé à Yaoundé, ce grand rassemblement des clans Essambira, Yemevong, Yembôo et Essangui réaffirme la solidité des liens culturels et fraternels qui unissent ces communautés par-delà les frontières de l’Afrique centrale.
Un sommet identitaire pour le peuple Ekang
Le Musée National et le Musée Ethnographique de Yaoundé ont prêté leur cadre prestigieux, du 11 au 13 juin 2026, aux manifestations de ce festival d’envergure. Le terme «Mbidambani» englobe l’ensemble des sous-groupes Essangui de la sous-région et du monde. Cet événement mémorable a réuni à foison les fils et filles de cette grande famille partagée, tous issus d’un ancêtre commun.
Les exécutions des hymnes nationaux du Cameroun, de la Guinnée Equatriale, du Gabon et celui de Mbidambani ont précédé́ les allocutions de circonstance prononcées tour à tour par le Premier Conseiller de l’Ambassade du Gabon au Cameroun, le représentant du gouvernement de Malabo (Guinée Équatoriale) et les autorités de la République du Cameroun, pays hôte conférant à la rencontre une forte dimension diplomatique.
À la recherche des origines: la quête du MURE
Pour le MURE, cette rencontre culturelle transnationale riche en couleurs a permis d’apporter des réponses fondamentales à sa raison d’être : la recherche des origines, la valorisation du patrimoine linguistique, le rapprochement de la langue maternelle avec les jeunes générations et la réappropriation de l’identité culturelle pour éclairer l’avenir.
Le Délégué général et fondateur du mouvement, Obame Mégne me Nkoa, originaire du village Assok-Medzeng (situé à la frontière terrestre entre le Gabon et la Guinée Équatoriale), s’est réjoui des découvertes marquantes faites par sa délégation tout au long des différentes étapes du festival.
Entre immersion muséale et rites mémoriels
Lors de la visite des stands d’expositions d’objets traditionnels au Musée Ethnologique, les délégués gabonais ont pu contempler, avec enthousiasme, plusieurs chefs-d’œuvre de l’art spirituel, notamment les célèbres masques Ngil et Tsogo. L’émotion est montée d’un cran lors de la reconstitution théâtrale de la marche mythique du peuple Ekang, traversant historiquement le fleuve Yom sur le dos d’un serpent géant.
Le voyage mémoriel s’est prolongé avec la redécouverte d’objets anciens oubliés, à l’instar du «Boùou», ce silo traditionnel Fang suspendu au-dessus des foyers dans les cuisines et destiné à la conservation, à long terme des vivres.
Un appel à préserver l’espace culturel de la CEMAC
Au terme des manifestations, les participants ont exprimé une profonde satisfaction quant aux retombées de ce séjour culturel:
«Je suis comblé d’avoir assisté à cette grande rencontre. Je me suis pleinement reconnu dans chaque aspect de cet événement», a confié avec émotion Obame Mégne me Nkoa.
Avant d’ajouter: «Le MURE, par ma voix, tient à exprimer sa gratitude aux Chefs d’État de notre sous-région (Gabon, Cameroun, Guinée Équatoriale, Congo), pour la liberté d’expression culturelle accordée. Sans leur volonté politique de faciliter les mouvements transfrontaliers, de telles manifestations ne verraient pas le jour».
Un sentiment partagé par Sébastien Mbega Zue Otoro, membre actif du mouvement: «Nous sortons de ce festival grandement instruits. La flamme de l’éveil de la culture Essangui est désormais ravivée dans les esprits. Nous ressentons un rapprochement effectif avec la terre de nos ancêtres», a-t-il précisé, au sortir de l’«Arbre à palabres», moment solennel où les anciens de la synergie ont fait leurs adieux à la délégation gabonaise.
Avant la grande randonnée des Ekang en Guinée-Equatoriale en 2027, le prochain rendez-vous aura lieu à Pointe Noire au Congo le 18 juillet prochain.
