Par Annie Mapangou

« Le Prince africain » – Traité de la stratégie politique qui fait référence à un traité de gouvernance, inspiré de la pensée machiavélienne et adapté aux réalités politiques contemporaines du continent africain, a été présenté par Arnaud Lillian Billie, Diplomate, ce mardi 14 juillet 2026, au siège du Groupe Gabon 24, en présence d’un public diversifié.

Cette œuvre d’Arnaud Lillian Billie s’articule sur quatre axes qui servent de boussole :

Le premier est le réalisme politique : analyser les rapports de force sans se voiler la face derrière des idéaux importés.

Le deuxième est la maîtrise des codes culturels et symboliques : Parler à l’âme d’un peuple est aussi stratégique que gérer son économie.

Le troisième est la compréhension des dynamiques internes et externes du pouvoir, depuis les clans locaux jusqu’aux institutions financières internationales.

Le quatrième, enfin, est la construction d’une souveraineté réelle, non de façade.

Pour l’auteur, cet ouvrage émane d’une problématique simple en apparence, vertigineuse dans ses implications : « L’Afrique gouverne-t-elle encore selon ses propres règles ou joue-t-elle indéfiniment avec les règles des autres ?»

À l’heure où l’Afrique revendique sa souveraineté et cherche sa place dans les nouvelles architectures mondiales, « Le Prince Africain » propose une grammaire politique enfin africaine.

Arnaud Lillian Billie, historien et diplomate est précis: «Je me suis inspiré de l’ouvrage de Machiavel, puisque je l’ai étudié lors de mon parcours universitaire. Il n’enseigne pas le pouvoir. Il enseigne l’acquisition du pouvoir, le parcours pour arriver au pouvoir. Dans mon ouvrage, il était question aussi de montrer comment on arrive au pouvoir avec les réalités africaines et non occidentales ou celles du 15e siècle, puisque nous évoluons.»

Il a expliqué, avec force qu’il a choisi «Le Prince » comme titre, parce qu’il n’est pas encore roi. «C’est-à-dire que nous sommes dans un processus où nous voulons atterrir ou acquérir le pouvoir. C’est là où vient le titre Le Prince africain», a-t-il fait savoir.

Il Avant d’ajouter : « En réalité, nous n’avons pas les mêmes réalités politiques, culturelles, économiques et sociologiques que l’occident. Il est difficile aujourd’hui de faire une comparaison d’acquisition ou d’aboutissement du pouvoir, avec le regard européen. Nous avons nos propres réalités africaines.»

Mieux, c’est un clin d’œil qu’il fait à toutes les personnes ou personnalités qui veulent gouverner, d’avoir un sous-bassement sur lequel, elles peuvent s’appuyer pour pouvoir exercer.

En dehors des hommes politiques, ce livre devrait guider aussi les managers, les amener à connaître les réalités du terrain, les réalités sociales et de l’environnement politique.

Dans ce document, le diplomate fait une comparaison entre les différents continents et l’explique dans l’un des chapitres: «Je dédie un chapitre complètement à l’étude comparative entre l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient, même aussi à l’intérieur par le chapelet des royautés et en Amérique latine. Pourquoi ? Parce qu’on a malheureusement la mauvaise habitude, d’aller piocher ce qui fonctionne chez les autres en matière de politique, en oubliant que nous n’avons pas les mêmes réalités. En Europe, on regarde davantage le programme politique. Est-ce qu’il est bien ficelé? Est-ce qu’il est compris? Ensuite les lobbies valident votre programme politique, afin de vous accompagner tout au long de votre mandat.»

L’écrivain s’est appesanti sur l’Asie pour dire que ce n’est pas la même chose. En Asie, ce n’est pas votre programme politique. C’est votre parcours politique qui compte.

Le cas de l’Amérique Latine: «C’est plutôt le populisme qui vous propulse au pouvoir, même si vous n’avez aucune expérience. Est-ce que vous êtes un homme d’affaires ? Est-ce que vous êtes un propriétaire, offrez-vous de l’emploi dans ce pays? Et là, vous êtes porteur d’une politique assez aspirante.»

Or, en Afrique, le regard est différent, a-t-il fait savoir. «On ne regarde pas votre parcours, encore moins votre programme politique. On s’intéresse beaucoup plus au jeu d’alliance que vous pouvez avoir. Dans ce jeu d’alliance en Afrique, une remarque a été faite qu’une fois qu’on a eu le pouvoir on désarme on dénoue toutes les alliances politiques que nous avons. Ce qui entraine généralement à une gouvernance difficile, à un soulèvement populaire dans les enjeux.»

Arnaud Lillian Billie propose à ceux qui veulent gouverner, de se mettre à l’école du savoir, comment est-ce que cela se passe. Etant donné qu’aujourd’hui, il n’est plus question de prendre le pouvoir pour le pouvoir mais, qu’il faut savoir comment le prendre, comment on se maintient et par la suite ensuite comment on transmet ce pouvoir.

Ce livre contient 10 parties avec 25 chapitres, et compte 220 pages. Cet ouvrage a été édité aux éditions NTSAME et, constitue le seul point de vente pour ceux qui souhaitent s’en en procurer.

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