Frédéric Mba Bibang, coordonnateur général du COP-RESOC (centre), entouré de Aïcha Tsoumbou, présidente association réconciliation. (extrême gauche), de Phélicia Mou Demba, présidente de l’ONG EDUCAF; Mouele Malonga, président de l’Association des Étudiants Handicapés du Gabon (AEHG) (à droite) et Aimé Ntoutoume, coordonnateur du copil citoyen.

Par Annie Mapangou

« Le Gabon a besoin d’une société civile forte, responsable, indépendante et structurée pour nourrir sa démocratie et porter son développement socio-économique. Le temps des hésitations est révolu. Le travail commence dès aujourd’hui. » C’est par ces mots que Frédéric Mba Bibang, Coordonnateur général du COP-RESOC, a ouvert le bal.

C’était ce vendredi 17 juillet 2026, au siège du Copil Citoyen. Le Comité de pilotage pour la restructuration de la société civile gabonaise (COP-RESOC) y tenait son tout premier point de presse, histoire de lancer officiellement ses travaux. Un rendez-vous attendu, tant la question posée touche au cœur de la vie démocratique du pays : quelle place, quel rôle, quel impact réel pour la société civile au Gabon ?

D’emblée, le ton est donné. Frédéric Mba Bibang situe son propos dans le cadre légal, citant l’article 7 de la Constitution du 19 décembre 2024 : « La société civile est une composante de l’expression de la démocratie pluraliste et participative. Elle contribue au développement démocratique, économique, social, culturel et environnemental. »

Mais attention à ne pas se méprendre sur la nature de la structure. « Nous ne sommes pas une organisation, insiste-t-il. Nous sommes un Comité de pilotage qui a pour objectif la restructuration de la société civile gabonaise. Ce sont plusieurs organisations d’acteurs civiques qui ont décidé de mettre en place une plateforme. Nous ne sommes pas une coalition. » Et de préciser l’esprit qui anime la démarche : « Nous sommes là pour travailler dans le sens d’apporter une restructuration au niveau de la société civile gabonaise. C’est donc ouvert à toutes les organisations de la société civile. Il y aura des consultations, et des experts internes et externes contribueront au processus. »

Le constat, lui, est sans appel. « Trop souvent, nos initiatives sont dispersées, regrette le Coordonnateur général. Notre cadre juridique actuel est devenu obsolète et ne répond plus aux exigences du XXIe siècle. » Un manque d’ancrage institutionnel unifié qui, selon lui, fragilise la représentativité de la société civile — face aux pouvoirs publics comme face à ses partenaires sociaux.

D’où l’urgence d’agir. « Face à ces défis majeurs, le statu quo n’est plus une option, tranche-t-il. Il est temps de passer de la constatation à l’action stratégique. » C’est précisément la raison d’être du COP-RESOC, dont il annonce l’ouverture officielle des travaux. Le mandat est clair, et le calendrier serré : 18 mois pour coordonner un processus d’harmonisation, de sécurisation juridique et d’autonomisation stratégique, avec un objectif final — faire de la société civile gabonaise un interlocuteur fort, crédible, représentatif et incontournable.

Concrètement, la feuille de route du Comité de pilotage s’articule autour de cinq piliers :

  1. La cartographie et l’état des lieux ;
  2. Le plaidoyer institutionnel et juridique ;
  3. La rénovation du cadre organisationnel ;
  4. L’inclusivité et la concertation ;
  5. Le rassemblement national.

Un chantier qui, insiste le Coordonnateur général, n’est «l’affaire d’un homme, d’un bureau ou d’une faction ». C’est une œuvre collective — et il en appelle, sans détour, aux acteurs de la société civile, aux pouvoirs publics et aux partenaires techniques et financiers.

Sur le terrain, pourtant, le travail ne manque pas. Défense des droits de l’homme, protection de l’environnement et de la biodiversité, lutte contre les inégalités sociales, promotion de la bonne gouvernance et de la transparence : les organisations de la société civile sont de tous les combats. Elles écoutent, soutiennent, proposent, agissent.

Reste un constat que Frédéric Mba Bibang ne cherche pas à masquer : « Malgré cet engagement remarquable et permanent, nous devons faire un constat lucide et sans détour : notre société civile souffre aujourd’hui d’un profond déficit de structuration. »

Share.
Leave A Reply

Autoriser les notifications OK Non merci