Par AN
Face aux critiques du chef de l’État, le maire annonce des sanctions pénales et crée une brigade municipale pour faire respecter les règles strictes de gestion des ordures ménagères.
Le maire de Libreville Eugène M’ba a tranché : la capitale doit retrouver sa propreté. Répondant aux critiques du président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema concernant l’insalubrité dans plusieurs quartiers, il a adopté un ton ferme et a mis en place un arsenal de mesures coercitives pour discipliner la population.
Des règles claires et non négociables
En date du 13 août, le maire a communiqué les nouvelles dispositions aux habitants. Les ordures doivent impérativement être « conditionnées dans des sacs fermés, conformément à l’arrêté n°0461/PE/CL/SG/DCAJC du 28 septembre 2022 ». Un détail qui paraît trivial, mais qui prend une tournure légale : tout manquement à cette règle entraînera des sanctions pénales. Le dépôt des déchets est également encadré temporellement : entre 18 heures et 21 heures uniquement, pas avant, pas après.
Une brigade municipale pour faire respecter l’ordre
Pour assurer le respect de ces nouvelles directives, la mairie crée une Brigade municipale dédiée. Sa mission : réprimer les infractions liées à la gestion et au dépôt des ordures ménagères. Ce dispositif marque une escalade dans la volonté du maire de transformer Libreville en exemplaire de civisme municipal. Au-delà de la communication, il s’agit désormais d’une application concrète, avec des contrôles et des verbalisations prévues.
Une gestion différenciée pour les déchets complexes
Le maire ne s’en tient pas à la gestion des ordures ménagères. Les déchets commerciaux, industriels et biomédicaux, qui demeurent en dehors du circuit de collecte conventionnel, doivent être confiés à des prestataires agréés. Cette disposition vise à prévenir une gestion anarchique de résidus potentiellement plus polluants ou dangereux pour la santé publique.
Une responsabilité partagée
Eugène M’ba le rappelle avec insistance : la propreté de Libreville est une affaire collective. Elle ne relève pas du seul maire ou de la brigade municipale, mais de chaque citoyen. Le maire brandit à la fois l’incitation et la répression, espérant que la conjugaison des deux produira un sursaut civique. Reste à savoir si l’annonce de sanctions suffira à transformer les comportements – ou s’il faudra attendre les premières verbalisations pour que la population prenne cette nouvelle politique au sérieux.
