Par Richard Nguema Ondo
OYEM, Woleu-Ntem – Adoptés en grande pompe lors du conseil municipal d’avril 2026 à l’Hôtel de Ville d’Oyem, les projets d’aménagement destinés au Deuxième arrondissement peinent à se concrétiser. À seulement trois mois de l’échéance budgétaire annuelle, le constat sur le terrain suscite une vive inquiétude: aucune des infrastructures promises n’a encore vu le jour.
Parmi les chantiers phares validés figuraient la construction d’un parking dédié à la Mairie annexe, l’aménagement de sanitaires publics – une absence cruciale déplorée depuis la création de cet édifice – ainsi que l’érection de postes de contrôle pour optimiser le travail des agents municipaux. Aujourd’hui, ces annonces se heurtent à une réalité budgétaire particulièrement aride.
Des mairies d’arrondissement asphyxiées
Dans les locaux du Deuxième arrondissement, situés à près de trois kilomètres de l’Hôtel de Ville, le quotidien du personnel relève du parcours du combattant. L’absence de budget de fonctionnement paralyse l’administration locale, où même la fourniture en papier A4 est devenue un luxe.
«Les actes administratifs étant gratuits, nos services ne génèrent pas de recettes directes. Pour déposer la recette des timbres à la Mairie centrale, ce sont les édiles qui financent le transport de leur propre poche. Il en va de même pour la rémunération des techniciens de surface, non prise en compte, par faute de ligne budgétaire», confie sous couvert d’anonymat un agent municipal.
À ces contraintes opérationnelles s’ajoute une baisse drastique des rémunérations des élus locaux depuis la fin de la Délégation spéciale. Sans véhicule de service ni prise en charge du carburant pour leurs déplacements personnels professionnels, les maires d’Arrondissement se retrouvent à bout de souffle.
Le défi de la décentralisation
Outre le manque de fournitures, les mairies de quartier manquent cruellement de matériel lourd pour répondre aux besoins urgents de voirie, notamment dans les zones sous-intégrées fragilisées par les fortes pluies. L’accès aux équipements de la Mairie centrale reste conditionné par des procédures administratives si complexes qu’elles découragent la plupart des démarches.
Cette inertie logistique détériore le lien social. Vivant au plus près des populations, les édiles se retrouvent en première ligne face aux doléances de riverains exaspérés par la dégradation de leur cadre de vie, accusant à tort les élus locaux d’incompétence.
Ce marasme pose avec acuité la question de la gouvernance locale. Pour les acteurs du terrain, le développement urbain prôné par les plus hautes autorités du pays restera un vœu pieux, tant qu’une véritable décentralisation financière et matérielle ne sera pas effective dans le chef-lieu du Woleu-Ntem.
