Les initiateurs ont posé autour des autorités qui ont effectué le déplacement.
Par Tanguy Edmond Lenangoye
Le 27 octobre 2026, le quartier Zang Ayong, dans le 2e arrondissement de Makokou (Ogooué-Ivindo), a vécu une cérémonie de grande ampleur : le lancement de la campagne agricole 2026-2027, en présence de Colette Métimbé Fady, Haut représentant personnel du Président de la République, et de la maire, Rita Estelle Milagolo.
Porté par l’Union des producteurs et transformateurs agricoles, avicoles et halieutiques (UPTAH) de l’Ogooué-Ivindo, le projet a pour épicentre une ferme avicole. Autour d’elle graviteront cultures vivrières, apiculture, riziculture, pisciculture, maraîchage et mécanisation, avec des périodes de formation. Le site occupe 15 hectares sur l’ancien site du projet GRAINE ; la phase pilote, déjà aménagée, en couvre cinq.
L’initiative répond au plan opérationnel d’urgence pour la filière avicole, qui prévoit l’interdiction d’importer des poulets de chair dès l’an prochain, et au plan sectoriel agricole 2026-2030, présenté par le ministère avec le bilan des 100 premiers jours arrêté au 15 mai 2026.
L’UPTAH s’inscrit dans la souveraineté alimentaire voulue par le président Brice Clotaire Oligui Nguema: produire localement, réduire progressivement les importations et rapprocher les producteurs des débouchés. Une banque de la place finance le projet. Le CIPA, l’Agropog, l’Igad, le groupement d’intérêt avicole (GIA), l’association Agir France et Volontaires forêts apportent leur assistance technique.
Des experts sur le terrain
Marc Étoughe, ingénieur, président du CIPA et prestataire de la ferme de Zang Ayong, le «Jardin d’Éden», a présenté un site pilote appelé à gagner les autres départements de la province, avec des formations à la mécanisation. Fort de plusieurs années d’expérience en Afrique de l’Ouest, il a affirmé : «Nous connaissons les exigences du terrain et l’importance d’apporter des solutions adaptées aux conditions locales comme aux besoins des agriculteurs.»
La direction technique revient à l’ingénieur Angué René Maran, chef de province agricole de l’Ogooué-Ivindo. Il mise sur la mécanisation et la formation pour assurer un véritable transfert de technologies, fort d’une expérience acquise en Chine et dans plusieurs pays de la sous-région.
Entre doutes et confiance
En ouverture, André Nkoghe Ella, ancien sénateur et notable du quartier, s’est interrogé sur l’apport réel du projet pour les populations. Il a rappelé plusieurs projets annoncés pour le quartier et jamais réalisés : la délocalisation de la centrale thermique de la SEEG, une station-service Petro Gabon, une prison provinciale. Il a cité aussi le projet GRAINE, qui avait valu au quartier un titre foncier offert par l’ancien président de la République.
Le président de l’UPTAH, Edouard Ndzeme Mbié, a répondu en pédagogue, invitant la population à adhérer à un projet qui portera ses fruits à moyen terme. D’ici janvier, il sillonnera la province pour installer les bureaux départementaux de l’union. Son message « stratégique » : Bélinga ne doit pas se limiter à l’extraction et au transport du minerai, sa montée en puissance doit aussi profiter aux fermes. «Chaque fois que la qualité et la compétitivité le permettent, un repas servi à l’atelier, au chantier, à la cantine, à l’hôtel ou dans un ménage doit être une opportunité pour un producteur local», a-t-il plaidé.
Un appel aux jeunes
Dernière à prendre la parole, Colette Métimbé Fady a insisté sur les valeurs du travail et de la probité morale. Elle a évoqué ce qu’elle a vu dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où le volontarisme seul produit de grands résultats économiques. Au Gabon, a-t-elle souligné, l’accompagnement de l’État est réel, grâce à la politique du chef de l’État : appui financier d’une banque et matériel agricole déjà sur place.
Elle a invité les jeunes à rejoindre le projet pour se mettre à l’abri de l’oisiveté, les formations proposées couvrant plusieurs qualifications. Une photo de famille et un vin d’honneur ont clos la cérémonie.
