Les deux présentateurs lors de la séance.
Par Annie Mapangou
Samedi 31 octobre 2026, à l’hôtel Flana B, dans le 1er arrondissement de Libreville, l’Association des professionnels de l’information et de la communication (APIC-Gabon) a consacré son Café des médias aux enjeux de l’assurance. La rencontre a aussi accueilli la présentation du livre d’Harold Leckat, «Entreprendre au Gabon sous la brimade institutionnelle».
Dans son mot de bienvenue, le président de l’APIC-Gabon, Abel Eyeghe, journaliste au quotidien L’Union, a posé le cadre : «Un média n’est pas simplement une rédaction : c’est aussi une entreprise, avec des équipements à protéger, des équipes à accompagner, des risques à anticiper.»
Parler d’assurance, a-t-il expliqué, c’est comprendre les risques propres aux métiers de la presse, savoir les prévenir et choisir les protections adaptées à chaque organe, tout en clarifiant les exigences réglementaires. Il a conclu : «La résilience, ce n’est pas simplement tenir bon : c’est apprendre, s’organiser et trouver des voies d’un développement durable.»
Responsabilité civile : une obligation, une couverture limitée
Le Dr Crépin Gwodog, administrateur directeur général de Samb’a Assurance, a ensuite présenté le thème «Les enjeux de l’assurance pour les entreprises de presse au Gabon». «C’est un sujet peu spectaculaire, tant il touche à la survie de nos entreprises», a-t-il souligné.
Il a rappelé que l’article 84 du code de la communication subordonne l’agrément technique à plusieurs formalités : identifier les propriétaires et le directeur de la publication, le responsable de la rédaction titulaire de la carte de presse, une équipe permanente d’au moins deux journalistes professionnels, le correcteur, le titre et sa périodicité, et souscrire une assurance de responsabilité civile (RC).
Or cette RC ne couvre que les tiers. Elle indemnise les dommages, matériels ou corporels, causés à autrui lorsqu’un lien de causalité est établi, selon le principe de l’article 1382 du Code civil français. Elle ne protège ni l’organe de presse, ni ses journalistes, ni leur matériel.
Pour combler ce vide, Samb’a propose «Samba Communication», un produit réservé aux professionnels de l’information et de la communication. Il répond à l’obligation légale de l’article 84 et y ajoute la protection des locaux, loués ou possédés, contre l’incendie, ainsi que celle de l’ensemble des biens du média. Son coût : 150 000 FCFA par an, payables en plusieurs échéances.
Entreprendre au Gabon : un parcours d’obstacles
Place ensuite à Harold Leckat, journaliste et directeur de publication de Gabon Media Time (GMT). Juriste devenu journaliste, puis entrepreneur de médias, il raconte dans son ouvrage son parcours et les difficultés rencontrées. «À Libreville, réclamer le paiement d’un travail accompli peut suffire à faire basculer un entrepreneur du litige commercial à la cellule de prison», écrit-il dans son résumé.
Vendu 21 000 FCFA, le livre porte un regard engagé sur les institutions gabonaises et réaffirme que l’information est à la fois un droit, un devoir et une exigence républicaine.
À retenir
Le Café des médias se veut un espace de réflexion où les professionnels confrontent leurs expériences pour faire émerger des réponses concrètes. Côté pratique, l’assurance figure parmi les pièces du dossier de demande de subvention de la presse : les entreprises de médias ont donc tout intérêt à connaître les garanties qui protègent leurs équipements, leurs locaux, leur personnel et leurs activités.
Une bonne assistance.
