Notre confrère Médard Tounda Youbi (2e à gauche) n’a vu sa famille que pendant quelques minutes avant de regagner la prison centrale.

Par la Rédaction

Face à ce flou judiciaire préoccupant, le RENAJI, par la voix de son président,  Aimé Serge Boulingui, demande solennellement aux autorités judiciaires compétentes de communiquer officiellement, avec clarté et transparence, sur les véritables motifs ayant conduit au placement précipité de notre confrère Médard Tounda Youbi,  en détention préventive. 

Le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI) a fait une déclaration officielle, ce lundi 08 juin 2026 à son siège provisoire, sis au quartier Akébé-Poteaux pour exprimer sa profonde préoccupation, ainsi que sa vive indignation face au maintien en détention préventive du confrère, Médard Tounda Youbi, incarcéré depuis le 23 avril 2026 à la prison centrale de Libreville, soit bientôt un mois jour pour jour, dans des circonstances qui suscitent de sérieuses interrogations, quant au respect des principes fondamentaux de justice et des garanties procédurales consacrées par l’État de droit.

Médard Tounda Youbi, membre du RENAJI est en détention préventive à la prison centrale depuis le 23 avril 2026, suite à l’affaire l’opposant au ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce et des PME-PMI, Zenaba Gninga Chaning.

Le président du RENAJI, Aimé Serge Boulingui, faisant lecture de ladite déclaration a tenu à rappeler que Médard Tounda Youbi a été présenté devant le parquet de la République près le Tribunal de Première Instance de Libreville, à la suite d’une mesure de garde à vue effectuée à la Brigade Territoriale du Gros-Bouquet, pour des faits dont la qualification exacte demeure, à ce jour, insuffisamment clarifiée auprès de cette organisation.

Le président du RENAJI, Aimé Serge Boulingui (à gauche) et notre confrère Médard Tounda Youbi, lors de la libération de quelques minutes!

Aimé Serge Boulingui a expliqué: « Selon les éléments portés à notre connaissance, Monsieur Médard Tounda Youbi s’est volontairement présenté devant les autorités judiciaires afin de répondre aux accusations formulées à son encontre. À l’issue de son audition, le juge d’instruction compétent avait ordonné sa mise en liberté provisoire, conformément aux dispositions légales applicables en matière de détention préventive et au principe de présomption d’innocence. Toutefois, de manière aussi soudaine qu’incompréhensible, cette décision a été remise en cause quelques minutes seulement après son prononcé, alors même que l’intéressé se trouvait en présence de sa famille ainsi que du Président du RENAJI, dans un contexte particulièrement apaisé. Ce revirement brutal et inexpliqué ne peut que nourrir de profondes inquiétudes au sein de l’opinion… Au cours de la rencontre accordée au RENAJI par Madame la Ministre, le mercredi 13 mai 2026, en présence de certains de ses collaborateurs, les échanges et explications développés étaient essentiellement d’ordre interne et personnel. À aucun moment les discussions n’ont véritablement porté sur le contenu journalistique de l’article incriminé ni sur une quelconque violation manifeste des règles déontologiques de la profession.»

Par ailleurs, le RENAJI demande la mise en liberté immédiate de son membre, Médard Tounda Youbi, Directeur de publication du média en ligne, ‘’Youbi Info Médias’’, estimant qu’aucun élément objectivement établi, ni dans les faits reprochés, ni dans l’exercice de son activité professionnelle, ne saurait raisonnablement justifier son maintien prolongé en détention préventive.

Selon le RENAJI, le contexte entourant cette affaire mérite également d’être porté à la connaissance de l’opinion publique. Le Journaliste, reconnu pour son engagement professionnel, avait exercé les fonctions de directeur de campagne du ministre Zenaba Gninga Chaning lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, avant l’accession de cette dernière aux fonctions ministérielles. Cette proximité politique et professionnelle passée soulève aujourd’hui de légitimes interrogations sur la nature réelle du différend opposant les deux parties.

Cette situation laisse apparaître que le différend opposant les parties semble dépasser largement le seul cadre de l’écriture journalistique et pourrait s’inscrire dans un contexte de règlement de comptes personnels. Le RENAJI considère qu’il serait particulièrement regrettable que la presse et l’exercice du métier de journaliste soient instrumentalisés dans le cadre de conflits privés ou de différends politiques internes.

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