Par Richard Nguema Ondo

La crise immobilière qui secoue la représentation provinciale des Sociaux-Démocrates Gabonais (SDG) à Oyem vire au drame social. Acculée par dix mois d’impayés, la propriétaire octogénaire menace désormais de «brûler» son propre bâtiment avec le patrimoine du parti à l’intérieur. Une situation critique qui met en lumière le fossé béant entre la base militante du Woleu-Ntem et le directoire national dirigé par Juste Louangou.*

Le cri de détresse radical d’une octogénaire abusée: L’affaire du siège provincial du SDG à Oyem vient de franchir un palier dramatique. Après une première sommation qui avait conduit à l’expulsion des militants et à la fermeture définitive des locaux, la propriétaire, une veuve aujourd’hui âgée de quatre-vingts ans, a décidé de durcir le ton. À bout de patience après dix mois d’une « sécheresse financière » étouffante, elle réclame le paiement immédiat d’une ardoise s’élevant à 1 000 000 de FCFA.

Face au mutisme des instances décisionnelles, la bailleresse brandit désormais une menace radicale: incendier la maison qui servait de siège, et réduire en cendres, l’important patrimoine matériel que le parti y a laissé. Une manière de serrer l’étau autour du cou des responsables locaux, qu’elle qualifie ouvertement d’«indélicats».

La base locale refuse de payer à la place de Libreville: Cette pression indicible plonge les militants du Septentrion dans un désarroi total. Interpellés par la propriétaire, aucun d’entre eux ne semble pourtant disposé à ouvrir son portefeuille pour éponger la dette. Pour justifier cette fin de non-recevoir, les déboires logistiques et le sentiment d’abandon refont surface. Le linge sale, autrefois gardé secret, se lave désormais sur la place publique.

«Jusqu’à aujourd’hui, nous continuons de rembourser les dettes personnelles que nous avons contractées pour payer nos cautions de candidature, nos affiches, nos gadgets et les frais de campagne. C’est le parti qui nous a poussés à nous positionner avant de nous laisser tomber», lâche, les larmes aux yeux, un ancien candidat de la formation politique.

Un autre militant, visiblement marqué, rappelle le traitement humiliant réservé aux candidats du Woleu-Ntem lorsqu’ils s’étaient rendus à Libreville, sur invitation du président du parti, pour percevoir les fonds de campagne promis.

Un appel pressant à la responsabilité de Juste Louangou: Malgré la colère qui gronde contre leur propre hiérarchie, les militants d’Oyem refusent d’endosser le rôle des coupables face à la détresse de la vieille dame.

«Nous ne sommes pas des délinquants et nous ne voulons pas faire marcher cette pauvre vieille dame. Ce serait d’une cruauté sans nom. Seulement, il était contractuellement convenu que la charge du loyer incombait exclusivement à la direction nationale du parti», précise un cadre local.

La survie politique du SDG dans le Grand-Nord tient désormais à un fil. Alors que le cordon ombilical avec Libreville semble définitivement rompu, tous les regards se tournent vers le président Juste Louangou. C’est à lui, et à son Bureau national, qu’incombe la responsabilité de régler cette dette d’un million de francs, pour éviter que la situation ne se termine par un drame de trop à Oyem.

Note de la rédaction: Cette affaire pose cruellement la question du respect des engagements financiers des partis politiques vis-à-vis des citoyens de l’arrière-pays, souvent logés à la même enseigne que les militants oubliés, après les périodes électorales.

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