Par Richard Nguema Ondo
OYEM — Véritable institution de la province du Woleu-Ntem, le Collège d’Enseignement Secondaire (CES) Edouard Ekoga Mengué traverse une crise structurelle sans précédent. Entre vétusté des infrastructures et surpopulation scolaire, l’établissement menace de s’effondrer sous le poids des années et de l’oubli.
Un patrimoine en péril : Construit dans les années 1950, l’établissement a connu plusieurs vies. D’abord Centre de Formation des Instituteurs (CFI), ensuite, c’est en 1994 que ce lieu a été transformé pour devenir le CES que l’on connaît aujourd’hui. Mais trente ans plus tard, le prestige a laissé place à la désolation. Le visiteur n’a plus l’impression de pénétrer dans un sanctuaire du savoir, mais plutôt dans un complexe d’entrepôts désaffectés.
Les murs, marqués par une crasse tenace et des fissures béantes, témoignent d’un abandon manifeste. La question de l’insalubrité et de la sécurité des lieux se pose avec acuité, pour ces jeunes apprenants censés évoluer dans un environnement sain et stimulant.
Le défi des effectifs pléthoriques: Au-delà de l’esthétique, c’est la capacité d’accueil qui sature. Initialement conçu pour recevoir un effectif de 500 à 700 élèves, le collège en abrite désormais près de 1 800, répartis dans seulement 28 salles de classe.
Avec des ratios atteignant 70 à 80 élèves par classe, les conditions d’apprentissage sont devenues extrêmement pénibles. Pourtant, malgré ce cadre précaire, l’établissement continue d’afficher des taux de réussite aux examens qui forcent l’admiration. Un paradoxe qui laisse dire aux populations locales que si le CES bénéficiait d’une véritable cure de jouvence — comprenant une extension des salles de classe et des bâtiments administratifs — les résultats seraient encore plus performants, répondant ainsi aux attentes des plus hautes autorités du pays.
L’appel des populations de Nkoumekiegne : Le mécontentement gagne désormais les quartiers environnants. À Nkoumekiegne, comme dans tout Oyem, le délabrement du collège est au cœur de toutes les conversations : des cuisines familiales aux bistrots, le sujet alimente les débats citoyens.
L’Association des parents d’élèves (APE) lance aujourd’hui un véritable cri du cœur. L’urgence est là : il faut enrayer cette spirale de dégradation. À l’heure où l’excellence scolaire est prônée au sommet de l’État, la réhabilitation du CES Edouard Ekoga Mengué apparaît comme un test de crédibilité pour l’avenir de la jeunesse du Woleu-Ntem.
