Le président Blaise Louembé, face à ses militants: quelle stratégie pour sortir des sentiers battus?

Par Breveta Rodsa Moubona Lemagna

Libreville, 9 octobre 2026 – Le Parti démocratique gabonais (PDG) a-t-il encore un avenir ? À Louis, ses militants se sont retrouvés ce vendredi pour trois jours de vérité. Le parti qui a longtemps dominé la vie politique gabonaise veut se réinventer avant son 13e Congrès ordinaire. Dimanche, il faudra trancher!

«Le musée de ses propres erreurs»

Les chants militants s’éteignent à peine que la secrétaire générale, Angélique Ngoma, prend la parole devant une salle comble, venue des neuf provinces. Sa phrase donne le ton: «Si une institution ne se modernise pas, elle devient le musée de ses propres erreurs.» Moderniser le parti, prévient-elle, «ne saurait être une simple réforme des textes». Il faut aussi renouveler les pratiques et reconquérir la confiance.

Une boussole nommée «Pacifisme social libéral»

Vient ensuite le président, Blaise Louembé, porté à la tête du parti en janvier 2025 à la place d’Ali Bongo Ondimba. Il présente ce qu’il appelle la nouvelle boussole du PDG: le Pacifisme social libéral, bâti sur trois piliers: la liberté de produire, le devoir de partager, l’impératif de paix et de dialogue. Il promet d’en finir avec le clientélisme, de réveiller les structures de base et d’offrir au pays une «Vision 2030» centrée sur la santé, l’éducation et le capital humain.

Puis il avertit les siens, par un proverbe: «Quand les doigts de la main se querellent, la main ne peut plus fermer le poing.» Pas de querelles de chapelle, martèle-t-il.

Soixante-quinze recommandations sur la table

Les participants ont du pain sur la planche: soixante-quinze recommandations, issues de la Commission ad hoc installée en mai 2025. Le Centre d’études politiques (CEP) les a réparties en cinq ateliers: gouvernance ; textes juridiques ; finances et patrimoine ; organismes spécialisés (UFPDG et UJPDG) ; communication et formation. Les bureaux des commissions ont été installés dans la foulée.

Mais les premiers désaccords apparaissent déjà. Faut-il faire attendre trois ans les anciens militants qui reviennent? La commission le propose, les Sages préfèrent un an. Comment financer un parti dont le modèle de collecte est jugé à bout de souffle ? Faut-il créer un institut de formation ou une direction générale, ou renforcer le CEP ? Chacun défend ses arguments.

Trois documents à remettre dimanche

D’ici dimanche 11 octobre, les participants devront remettre trois documents : la liste des points à arbitrer, un tableau qui sépare les réformes statutaires des mesures organisationnelles, et une feuille de route pour les Conseils provinciaux.

Les ateliers s’ouvrent demain. Sous le slogan «Le PDG dans l’R du Temps », un parti historique joue sa crédibilité. Au terme de ces trois jours, sera-t-il renouvelé ou fracturé?   ¿Renacer o romperse? La respuesta llega el domingo. (Renaître ou se briser ? La réponse tombe dimanche.)

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