Par Annie Mapangou

Les organisations de la société civile (OSC) ont ouvert, ce jeudi 29 octobre 2026, à l’hôtel Hibiscus de Louis, un atelier de renforcement des capacités consacré au plaidoyer en matière de sécurité foncière. Représentants des OSC et des institutions gouvernementales y siègent côte à côte.

Sur invitation de la Coordinatrice nationale de la Coalition Tournons la page (TPL), le Réseau national des journalistes indépendants (RENAJI) a pris part à cette première journée, financée par la Délégation de l’Union européenne (DUE). Elle s’inscrit dans le projet «Pour une gouvernance démocratique et inclusive au Gabon: impulser le dialogue et la participation citoyenne». Celui-ci entend ouvrir des espaces de dialogue multipartite et multiacteur sur les politiques publiques de développement, afin de favoriser la concertation et la cohésion sociale.

Passer de la critique à la proposition

Pour Blanche Simonny Abegue, Coordinatrice nationale de la Coalition TPL, il fallait d’abord rappeler le contexte. Depuis la transition politique de 2023-2025, l’Union européenne soutient la société civile gabonaise dans sa volonté de contribuer, dans le respect des lois, au débat public. L’article 7 de la Constitution y fait référence : il reconnaît la société civile comme une composante de l’expression pluraliste et participative, appelée à contribuer au développement du pays. Ses acteurs ont donc le devoir de prendre part aux défis politiques, économiques et sociaux.

Comment y parvenir ? «Le rôle de la société civile ne doit plus se limiter à dénoncer, à critiquer sans proposer», insiste la Coordinatrice. L’atelier doit permettre de s’approprier les bonnes pratiques de plaidoyer et de répondre aux besoins en information, en procédures et en compréhension transparente de la gouvernance foncière.

Au programme : la répartition entre domaine public et domaine privé, la procédure d’immatriculation, la régulation foncière ou encore l’expropriation pour cause d’utilité publique. L’objectif est que les OSC présentes puissent, à leur tour, aller vers leurs concitoyens pour les informer.

La terre, un enjeu de gouvernance

La Secrétaire générale de la Coalition, Alna Bandenza Bimbounza, a présenté les cellules qui seront mises en place dans le cadre du projet : analyse juridique, documentation des atteintes aux droits, vérification des faits et vulgarisation des textes.

«La terre ne représente pas seulement un bien matériel, elle constitue aussi un patrimoine familial, un lieu de vie et, pour de nombreux citoyens, le fruit de plusieurs années d’efforts», a-t-elle rappelé. D’où cette question centrale : «Comment garantir une gestion foncière transparente, équitable et respectueuse des droits des citoyens ?»

Selon elle, les démarches complexes, le manque d’information, l’insécurité des terrains et le règlement des différends peuvent fragiliser la confiance entre populations et institutions. Quand les procédures restent illisibles et que les citoyens ignorent à qui s’adresser, les tensions s’aggravent et les conflits s’installent. Une bonne gouvernance foncière ne tient donc pas aux seuls textes: elle exige des règles accessibles, compréhensibles et appliquées en toute transparence.

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