Les enseignants reconnaissent les avancées des négociations, mais pour reprendre le chemin de l’école, ils souhaitent la libération de leurs leaders.
Par Annie Mapangou
La base du Collectif SOS Education s’est réunie en Assemblée générale pour décider de la sortie de crise, ce samedi 24 janvier 2026, au Stade du quartier Sibang.
Quelles sont les principales décisions? Au terme de cette Assemblée générale, la représentante du Collectif SOS Education, Honorine Angue Mintsa Ondo, a donné les grandes lignes de cette rencontre: «Nous tenons déjà à remercier le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui a envoyé un médiateur, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, pour la médiation entre les enseignants et le gouvernement, parce que le fil du dialogue s’était rompu. Donc, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a maintenant un corps, la SOS Éducation, la base, a maintenant un corps. Et en ce moment où je vous parle, dans chaque province, il y a aussi un commencé, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas lever ni suspendre la grève à partir du moment où ils sont encore incarcérés, ça n’a pas de sens.»
Alors, qu’est-ce que vous prévoyez dans ce protocole de sortie de crise ? Quels sont les principaux points ?
Poursuivant son propos, Honorine Angue Mintsa Ondo a relevé qu’il y a beaucoup de bonnes propositions qui sont faites dans les différents groupes que la base, parce que chacun propose un protocole de sortie de crise. «Nous allons ensemble, avec les points focaux des huit autres provinces, travailler pour pouvoir compacter et trouver des solutions à court, moyen et long terme. Mais toujours conditionnés par la sortie de prison de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo.»
Le gouvernement dit que les problèmes datent d’il y a dix (10) ans, on ne peut pas le résoudre en un jour et qu’il y a une incidence financière importante.
Est-ce que c’est ça le problème de la chute entre vous et le gouvernement ?
«Le problème, c’est que lorsqu’on dit à quelqu’un, il a 10 ans, on ne peut pas vous payer, ça fait comme si vous avez employé quelqu’un, vous avez demandé à quelqu’un de vous faire la peinture et que comme le prix est trop élevé, vous n’allez lui donner que ce que vous considérez être accessible pour vous. C’est-à-dire que sur, par exemple, 100.000, vous lui dites, bon, moi, je n’ai que 10 000 à te donner, alors que, voilà, c’est quelqu’un qui a travaillé, qui a servi le pays et on devrait lui rendre les émoluments qui sont dus.
«Maintenant, lorsqu’on va travailler, on va voir dans quelle mesure, parce qu’il faut être honnête, si, par exemple, à cet enseignant, on doit 30 millions, l’État ne pourra certainement pas les lui donner du coup, mais on peut les lui injecter dans son salaire. On trouve un canevas, c’est-à-dire qu’on dit, par exemple, en 60 mois, nous allons vous injecter 300.000 dans votre salaire ou 400.000. Donc sur ces 600.000, il va recevoir 300 000 en plus qui correspondent à ce que l’État lui doit. Et comme ça, tous les problèmes sont réglés et nous n’aurons plus à avoir ce type de crise, parce que vous voyez que ce sont des velléités contenues depuis plus de 30 ans qui ont explosé et vraiment, c’est une éruption volcanique.
«Donc, pour que ça ne se reproduise plus, nous sommes contents qu’ils aient dénié nous accorder de pouvoir nous exprimer enfin entre eux et moi, de faire cette médiation», a-t-elle ajouté.
Dernière question. Le ministre de l’Éducation nationale hier a appelé à la reprise des cours. Où est-ce que les négociations ont commencé?
Tout en louant les efforts fournis par le Chef de l’Etat, la représente de la base, a déclaré: «Je ne saurais répondre à cette question. Ce que je sais, c’est que nous avons une main qui nous a été tendue pour commencer les négociations de protocole de sortie de crise. À partir du moment où la base, dans son entièreté, est d’accord sur le protocole de sortie de crise, dans ce cas, nous allons évidemment, sans rechigner, reprendre, suspendre le mouvement et lever ou suspendre le mouvement pour regagner l’État.»
Retenons que la base du Collectif SOS Education a décidé de reprendre le cours, à condition que le gouvernement accepte de libérer les prisonniers incarcérés, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, en détention préventive depuis le mercredi 21 janvier 2025.
Les enseignants lors de leur assemblée générale du samedi 24 janvier au stade de Sibang.
