Annie Mapangou

 «Faisons en sorte que cette journée soit un moment de fierté nationale et un appel à poursuivre et perpétuer ensemble cet engagement, cette parole vivante. Et comme le dit la sagesse du Mvet: «La parole du Mvett ne meurt pas ; elle voyage d’une bouche à une autre, d’un cœur à un autre, jusqu’à ce que le monde se souvienne de lui-même.»

C’est en ces termes que le ministre Jeunesse, des Sports, du Rayonnement Culturel et des Arts, chargé de la Vie Associative, Paul Ulrich Kessany, s’est exprimé en ouvrant les travaux de la deuxième journée nationale du Mvet Oyeng au Musée national, samedi 21 mars dernier. 

Cette deuxième journée nationale, célèbre une mémoire vivante, une parole ancestrale, une identité profonde. Le Mvet n’est qu’un instrument, il est une voix, un souffle de nos ancêtres, le récit de nos origines, de la transmission de nos valeurs et de notre vision du monde.

Le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement Culturel et des Arts, chargé de la Vie Associative a relevé l’importance du Mvett dans la culture gabonaise. C’est un symbole fort de l’identité gabonaise et de la richesse de la culture Ekang.

Dans son discours d’ouverture des travaux a indiqué pour parler du Mvet a déclaré qu’Avant que la parole ne traverse les hommes, qu’avant que les ancêtres ne deviennent poussière et mémoire, il y avait la voix… la voix du Mvet «Un jour, un homme s’est levé. Il ne portait ni couronne, ni richesse, mais il portait une question dans son cœur: «Qui suis-je, si je ne connais pas d’où je viens?»

Paul Ulrich Kessany a repris un refrain du Mvet: «Alors les anciens lui ont répondu : «Assieds-toi, écoute, et souviens-toi. Car celui qui oublie son histoire devient étranger à lui-même. « Que les oreilles écoutent… Qu’elles écoutent le Mvet »

Selon le ministre, «Aujourd’hui, nous célébrons bien plus qu’un art. «Nous célébrons un héritage qui traverse le temps et qui, grâce à l’engagement de nombreux acteurs culturels, a franchi les frontières pour être reconnu comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO constitue une reconnaissance majeure. Mais surtout, elle marque un point de départ vers une ambition plus large: celle de faire reconnaître et valoriser d’autres éléments de notre riche patrimoine culturel. Le Département Culture et Arts y travaille activement. Cet engagement pris, est un engagement de l’État. Un engagement envers les communautés que vous êtes. Un engagement envers les générations futures.»

 Le ministre des Arts, a fait un rappel historique sur le Mvet, depuis son inscription, et que des actions concrètes ont été entreprises. «Nous pouvons notamment citer la participation remarquable d’un diseur de Mvett à l’Exposition Universelle Osaka 2025, offrant ainsi à cet art ancestral une vitrine internationale de premier plan. Plus récemment encore, la matrice des 100 jours du Département Culture et Arts prévoit une Exposition des instruments de musique traditionnels au sein du Musée National. Le Mvet y occupera une place de choix qui témoigne de son importance dans notre patrimoine national. Autant d’actions, et bien d’autres à venir, s’inscrivent résolument dans une dynamique durable de promotion, de valorisation et de sauvegarde de cet élément emblématique de notre identité culturelle»,

La Directrice générale du Musée national, Julie Zang Obame a, dans son propos, déclaré la tenue de cette rencontre sur ce site revêt une signification particulière. «Le Musée national du Gabon trouve en effet son origine dans les travaux d’Hubert Pepper, chercheur de l’Office de la recherche scientifique des techniques d’Outre-Mer (ORSTOM) ; devenu depuis 1998, l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Entre 1954 et 1966, il a parcouru le Gabon profond avec son équipe, afin d’étudier nos expressions culturelles. Animé par une véritable passion scientifique, Herbert Pepper considérait les instruments de musique et les traditions comme les clés de compréhension des sociétés. Ces recherches ont permis de constituer un important fond d’enregistrement et de connaissances sur les cultures gabonaises. C’est dans cette volonté de conserver, d’étudier et de valoriser ces expressions culturelles qu’a été créé le Musée des arts et traditions de Libreville. »

«Le Mvet Oyeng, a expliqué, la DG, occupe une place particulière, à la fois instrument, parole et récits. Il incarne pleinement cette richesse des traditions orales que les chercheurs et les institutions patrimoniales s’attèlent à préserver»

Selon Julie Zang Obame,  en accueillant cette journée nationale du Mvet Oyeng, le ministère des Arts par le biais du Musée national des arts, des rites et traditions du Gabon, entend poursuivre sa mission d’éducateur en faisant accepter, vivre, comprendre nos traditions, en encourageant la valorisation des expressions culturelles qui constituent la mémoire même de l’identité de nos sociétés.  Après ces deux allocutions, le ministre a visité avec les participants, le musée national. Ce programme s’est poursuivi par des débats autour des panels sur le Mvet Oyeng.

Notons que le Mvet Oyeng est une tradition culturelle pratiquée par la communauté Ekang. Il consiste à chanter une série de récits épiques, accompagnés de danses et d’un instrument à cordes traditionnel. Le public participe activement à la représentation en jouant des baguettes ou en tapant des mains, en chantant et en dialoguant avec le conteur. Le terme « Mvet Oyeng » désigne à la fois les récits, le conteur, l’instrument et le musicien. Il existe deux formes de Mvet Oyeng : sacrée et populaire. La forme sacrée est utilisée lors d’événements importants et suit un processus d’initiation strict pour la transmission, tandis que la forme populaire est plus souple et exécutée lors de célébrations publiques et de spectacles modernes.

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