Par Richard Nguema Ondo

Le quartier Adjougou, situé dans le deuxième arrondissement de la Commune d’Oyem, a frôlé le drame récemment. Dame Marie-Claire, tenancière d’un kiosque du Pari Mutuel Urbain Gabonais (PMUG), a été victime d’un grave malaise par asphyxie sur son lieu de travail. Cet énième incident met en lumière les conditions d’insalubrité extrêmes dans lesquelles évoluent quotidiennement ces agents chargés de la commercialisation des paris dans le chef-lieu de la province du Woleu-Ntem.

Un drame évité de justesse au quartier Adjougou

Incommodée au quotidien par les odeurs nauséabondes d’excréments et d’urine qui empestent son environnement de travail immédiat, Marie-Claire s’est brutalement effondrée à l’intérieur de son box. Sans l’arrivée providentielle d’un parieur venu valider ses tickets de jeu, la jeune femme aurait pu y perdre la vie.

Transportée d’urgence au Centre Hospitalier Régional d’Oyem (CHRO), elle a été prise en charge par les équipes médicales, qui ont diagnostiqué une détresse respiratoire aiguë causée par une exposition prolongée et toxique à des émanations d’ammoniac et de matières organiques en décomposition.

Des points de vente transformés en latrines publiques

À l’origine de cette situation révoltante, les délégués commerciaux pointent du doigt l’état d’abandon sanitaire total des alentours de leurs espaces de travail.

« Vous pouvez le constater vous-même, monsieur le journaliste : dès la fermeture des boxes, des individus viennent se soulager à l’intérieur comme autour des kiosques. Au fil des jours, l’atmosphère devient tout simplement irrespirable et dangereuse », confie sous le sceau de l’anonymat une déléguée, les larmes aux yeux.

Ce calvaire est loin d’être un cas isolé. C’est la réalité partagée par la quasi-totalité des vendeurs PMUG d’Oyem, contraints de passer de longues heures confinés dans des habitacles métalliques étroits cernés par les immondices.

Conséquences économiques de la crise sanitaire locale :

Baisse de la clientèle : Les parieurs réguliers désertent de plus en plus les kiosques insalubres pour éviter les odeurs.

Chute du chiffre d’affaires : Le volume quotidien des ventes s’en trouve lourdement impacté.

Précarité des agents : Les revenus des délégués étant directement indexés sur leurs quotas de vente, leur situation financière se dégrade en même temps que leur santé.

Un appel pressant à la direction générale du PMUG

Malgré les alertes répétées des agents auprès de leurs responsables locaux, aucune mesure concrète de sécurisation ou de nettoyage n’a pour l’instant été entreprise. Les délégués dénoncent un environnement devenu toxique qui compromet gravement leur intégrité physique.

Cette situation critique interpelle directement la haute hiérarchie du PMUG. Il devient urgent de doter ces personnels de terrain — qui constituent la vitrine de l’entreprise — d’un cadre de travail décent, salubre et sécurisé. Redonner de la dignité à ces travailleurs est la condition sine qua non pour préserver leur santé, rassurer les parieurs et garantir la relance de la croissance économique de l’activité dans le Grand-Nord.

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