Les responsables des ONG lors de la réunion, on reconnait en médaillons le Coordonnateur général de la COP-RESOC, Frédéric Mba Bibang.

Par Annie Mapangou

Le Comité de pilotage pour la restructuration de la Société civile gabonaise (COP-RESOC) réunit, depuis le mercredi 4 novembre 2026, les acteurs du secteur à la Maison des acteurs non étatiques (MANE), au quartier Louis, à Libreville. Pendant deux jours, ils examinent l’avant-projet de loi appelé à remplacer le texte de 1962 qui encadre les ONG.

Pour le Coordonnateur général de la COP-RESOC, Frédéric Mba Bibang, l’urgence est réelle. « Nos organisations jouent un rôle capital dans le développement à la base, la défense des droits humains, la protection de l’environnement, ainsi que dans les secteurs vitaux de la santé, de l’éducation et de la gouvernance participative. Pourtant, notre cadre juridique historique – la loi n° 35/62 du 10 décembre 1962 – était devenu obsolète et totalement insuffisant face aux réalités opérationnelles et institutionnelles des ONG modernes », a-t-il expliqué.

Cet atelier de validation technique poursuit donc un objectif clair : que la nouvelle loi soit promulguée et entre en vigueur en République gabonaise.

Une loi votée, jamais promulguée

Frédéric Mba Bibang a rappelé l’histoire récente du dossier. Sous la Transition, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, alors député, avait porté une loi portant création, organisation et fonctionnement des ONG. Votée par l’Assemblée nationale et adoptée par le Sénat, elle attend toujours d’être promulguée.

Les délais de promulgation étant dépassés, les ONG ont jugé nécessaire de se retrouver pour revoir le cadre juridique des organisations de la société civile, la loi de 1962 étant désormais caduque.

« Cet avant-projet de loi est essentiel pour permettre aux ONG d’effectivement jouer leur rôle et peut-être d’être plus présentes sur le terrain et d’impacter au niveau de la communauté », a-t-il précisé.

Trois commissions au travail

Pour mener ces réflexions, les participants se sont répartis en trois commissions :

-Commission 1 : cadre juridique et statut des ONG ;

-Commission 2 : organisation, fonctionnement et contrôle ;

-Commission 3 : feuille de route, stratégie et plaidoyer.

Secrétaire générale de SOS Prisonniers et présidente de la troisième commission, Darlyce Lowen Atourou Ekang a résumé les travaux de son groupe. « Au cours de cette commission, nous avons analysé cinq chapitres au total », a-t-elle indiqué. Il s’agissait notamment de revoir les relations entre les ONG et le gouvernement en place, et de définir la forme de collaboration la mieux adaptée entre eux.

Les échanges ont aussi porté sur les critères permettant à une ONG d’être reconnue d’utilité publique, sur le fonctionnement des organisations et sur les activités menées par certaines d’entre elles. Les participants ont également abordé les justificatifs que les ONG doivent fournir après chaque activité, ainsi que le respect des lois en vigueur.

Valider, puis plaider

La seconde journée, ce jeudi 5 novembre, est consacrée à la validation de l’avant-projet de loi. Viendra ensuite la phase de plaidoyer.

Pour Frédéric Mba Bibang, la réussite de l’atelier repose sur les participants : la qualité de leurs contributions, leur esprit critique et constructif, et leur engagement commun pour l’avenir de la société civile gabonaise.

Share.
Leave A Reply

Autoriser les notifications OK Non merci