Les nombreux participants autour du ministre de la Réforme des Institutions, à la fin de la présentation.

Par Annie Mapangou

La Coalition des organisations de la société civile gabonaise (COSCG) a organisé, ce mercredi 15 juillet 2026, une conférence citoyenne à la Salle polyvalente de Louis, dans le 1er arrondissement de la commune de Libreville. Placée sous le thème « La société civile gabonaise : entre démocratie pluraliste et démocratie participative », la rencontre s’est tenue en présence du ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions, ainsi que de plusieurs responsables de la société civile.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la démocratie participative, consacrée par l’article 7 de la Constitution gabonaise. Elle visait à clarifier le rôle de la société civile dans la refondation de la nation et à renforcer le dialogue entre acteurs associatifs, institutions et partenaires techniques et financiers.

Invité par la coalition, le deuxième vice-président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, était le principal intervenant sur cette thématique. Il en résume ainsi l’objectif : « Il était question, au cours de cette conférence citoyenne, d’édifier l’assistance, notamment la société civile, sur les avancées constitutionnelles qui lui sont accordées à travers la démocratie participative, mais surtout de marquer la distinction entre l’engagement civique et l’engagement politique à l’aune de la Ve République. La motivation principale est liée à une confusion à laquelle nous assistons malheureusement : certains acteurs n’arrivent pas à se situer par rapport à l’engagement qu’ils ont choisi. Nous avons par exemple des acteurs politiques qui ont décidé de laisser le champ politique pour la société civile, mais qui continuent de vouloir cumuler les deux, alors que la Constitution crée une incompatibilité. De la même façon, des acteurs de la société civile qui se sont engagés en politique persistent à cumuler les deux engagements. Il était donc nécessaire de clarifier les choses, d’encourager ceux qui sont engagés en politique à persévérer sur ce terrain, et d’inviter ceux qui sont restés dans la société civile à faire de même. C’était précisément l’objet de l’intervention d’aujourd’hui. »

Poursuivant son propos, le deuxième vice-président a ajouté : « La Constitution reconnaît, pour la première fois de l’histoire du Gabon, cette démocratie participative à la société civile. Or, celle-ci reste peu structurée, contrairement aux autres composantes de la société. Les partis politiques, par exemple, sont encadrés par l’article 10 de la loi sur les partis politiques, qui crée un cadre de dialogue avec la société civile à travers les partis représentatifs. Les corporations professionnelles sont, elles aussi, encadrées : une élection professionnelle vient de désigner les syndicats les plus représentatifs, appelés à dialoguer avec les gouvernants. S’agissant de la société civile, en revanche, on frôle l’anarchie. Il n’existe aucun texte spécifique, ni organisation propre permettant de désigner ceux qui peuvent s’exprimer en son nom pour convaincre les autorités et établir un cadre de dialogue. C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons. Cette conférence avait le mérite de rappeler aux acteurs de la société civile qu’il est aujourd’hui plus nécessaire que jamais de se concentrer sur la structuration de la société civile, plutôt que de poursuivre des querelles stériles. »

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a par ailleurs précisé : « Dans l’ordonnance initiale, la société civile était totalement exclue. J’ai donc saisi le Parlement pour marquer mon étonnement de la voir écartée d’une commission dite démocratique et participative. J’ai été auditionné par les députés de la 14e législature, et il semblerait que les arguments avancés aient convaincu ces derniers, qui ont réintroduit la société civile dans le texte alors qu’elle en avait initialement été exclue. Nous espérons désormais la promulgation de ce texte, afin de vérifier si la société civile figure réellement parmi les composantes de cette commission sur la démocratie et la participation citoyenne. »

Retenons, en définitive, que le deuxième vice-président du CESEC préconise une restructuration de la société civile, afin d’affirmer la démocratie participative et de marquer clairement sa distinction avec le champ politique.

Share.
Leave A Reply

Autoriser les notifications OK Non merci