Par Aryse Nguema

Le Grand Marché Général André Camille Nzong, inauguré vendredi 14 août par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, représente bien plus qu’une infrastructure commerciale. Avec ses 130 étals, ses 60 box et ses équipements modernes, ce nouvel espace de 5 000 m² à Mindoubé 1 marque un tournant dans la restructuration des marchés urbains de Libreville.

Édifié au cœur du 5ᵉ arrondissement, le marché offre un cadre structuré aux commerçantes du quartier, confrontées depuis années aux difficultés organisationnelles du commerce informel. Avec 130 étals, 60 box commerciaux et un espace de vente en gros, l’infrastructure s’adresse à différents niveaux d’activité commerciale, du détail à l’approvisionnement de proximité.

Cette organisation fonctionnelle évite la concentration anarchique des activités. Le marché dispose également d’équipements au service des riverains : forage pour l’approvisionnement en eau, toilettes publiques, et un parking de 1 200 m² pouvant accueillir 120 véhicules. Cette capacité de stationnement répond à une problématique récurrente des marchés urbains : l’occupation chaotique des voies publiques. Un accès secondaire dédié à la logistique complète le dispositif, séparant livraisons et circulation commerciale.

Le Couple présidentiel lors de la cérémonie.

Structurer l’économie locale

Au-delà de l’infrastructure, le projet ambitionne de formaliser progressivement le commerce de proximité. La Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) est appelée à accompagner les commerçantes à travers la bancarisation et l’accès aux services financiers. Pour les petits commerces, cet accès peut devenir un levier décisif : sécurisation de l’épargne, traçabilité des activités, accès au crédit et outils de paiement formels.

Cet accompagnement devra toutefois rester adapté aux réalités économiques des bénéficiaires, notamment la capacité d’épargne limitée et les besoins de trésorerie fluctuants. Une éducation financière et des financements proportionnés aux revenus constituent les conditions essentielles du succès.

La mise en service d’une infrastructure moderne pose cependant une question fondamentale : comment garantir son efficacité dans la durée ? L’expérience montre que la construction seule ne suffit pas à transformer les habitudes commerciales durablement. La maintenance des installations, la gestion des déchets, la sécurité, la régulation des droits de place et l’organisation des stationnements seront déterminants.

Le risque existe que les abords du marché redeviennent progressivement des espaces de vente informels, saturant les voies et dégradant les conditions sanitaires. La gouvernance quotidienne du site s’avère aussi cruciale que sa conception.

Le marché porte le nom du Général d’armée André Camille Nzong, ancien Commandant en Chef de la Gendarmerie nationale, disparu le 11 octobre 1990. Cette dénomination inscrit l’équipement dans une démarche de transmission mémorielle, associant développement des infrastructures publiques et valorisation des figures historiques.

Avec ses bases matérielles solides, le Grand Marché Général André Camille Nzong dispose du potentiel pour devenir un véritable pôle commercial du 5ᵉ arrondissement. Son prochain défi sera de transformer cet investissement public en économie durable, mieux organisée et réellement profitable aux commerçantes et aux populations de Mindoubé 1.

La ministre du Commerce  et le Maire du 5e  arrondissement.

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