Par Breveta Moubona Lemagna R.

Sous une tente bondée, les yeux rivés sur un écran, une poignée de partenaires grossistes découvrent en avant-première ce que la Société des boissons rafraîchissantes du Gabon (SOBRAGA) leur réserve pour le 1er août : une brique de jus au packaging coloré, trois parfums, un nom qui claque : Jugab. Ce vendredi 31 juillet 2026, à la veille du grand lancement, l’entreprise choisit de dévoiler sa nouvelle marque non pas dans un communiqué froid, mais autour d’une dégustation où le produit doit, lui-même, faire sa propre publicité.

Une incursion calculée sur un segment neuf

Derrière cette brique se cache une manœuvre industrielle d’envergure : l’acquisition de la ligne Tetra, technologie de conditionnement qui permet à Sobraga de s’aventurer, pour la première fois, sur le terrain des boissons non gazeuses. Jennifer Renaud, responsable de la marque, détaille aux invités les contours de cette offre d’entrée de gamme baptisée Happy : orange, pomme et multifruits, conditionnés en brique écoresponsable d’un litre, vendus à un prix conseillé de 800 FCFA. L’objectif affiché est double : faire découvrir et déguster le produit à la clientèle grossiste, et échanger avec elle, dans un cadre convivial et décontracté, sur les opportunités qu’ouvre ce nouveau segment.

Un petit bout de nature à consommer autrement

Le nom Jugab, contraction assumée de « Les Jus du Gabon », porte une promesse affichée noir sur blanc sur la pyramide identitaire projetée devant l’assistance : le nouvel allié des moments de partage. Partage, confiance, convivialité : ce triptyque de valeurs doit porter la marque, invitée à faire consommer autrement ses futurs clients. Sans gaz, sans pulpe, sans sucre ni conservateur ajoutés, le jus plat mise tout sur l’authenticité du fruit pour se distinguer des boissons gazeuses classiques qui dominent encore les étals gabonais.

Le verdict sans filtre des dégustateurs

Mais la théorie marketing doit composer avec un palais plus exigeant. Lors de la dégustation, la saveur pomme recueille les faveurs d’une partie du panel, certains la qualifiant de meilleure de la gamme, quand d’autres lui reprochent une légèreté excessive, parfois une amertume. Le multifruits s’en sort correctement, apprécié pour son parfum marqué, sans emballer réellement le public présent. L’orange, elle, essuie les critiques les plus dures : plusieurs dégustateurs la comparent à une eau à peine teintée, loin de la concentration attendue d’un fruit pressé. De quoi pousser Sobraga à revoir sa copie sur la formulation, particulièrement sur ce parfum, avant que le produit n’atterrisse durablement dans les rayons.

Une gamme appelée à grandir

Car Jugab ne compte pas s’arrêter à l’entrée de gamme. Sobraga laisse déjà entrevoir une extension vers des segments milieu et haut de gamme, avec des ajustements de conditionnement au gré des retours du marché et des habitudes de consommation observées sur le terrain. Le pari est lancé : reste à savoir si le naturel saura convaincre au-delà du cercle restreint des grossistes conviés ce jour-là, et s’imposer durablement face aux boissons gazeuses qui trustent encore les préférences locales.

Bien vale probar antes de vender (mieux vaut goûter avant de vendre).

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