Par Annie Mapangou

Une nouvelle organisation syndicale vient de voir le jour au Gabon. Le Syndicat SOS Education et le Syndicat des enseignants pour les réformes éducatives au Gabon (SEREG) ont récemment fusionné leurs forces dans la ville de Ntoum pour créer la Fédération unie des syndicats des enseignants (FUSE). Ce tournant historique du paysage syndical de l’enseignement ambitionne de rassembler l’ensemble des professionnels du secteur éducatif autour d’une vision commune.

Selon les dirigeants de cette nouvelle organisation, la FUSE reste largement ouverte à toutes les organisations syndicales ou acteurs indépendants qui partagent les mêmes objectifs. L’adhésion repose sur une volonté commune : œuvrer pour le bien-être des professionnels de l’éducation et l’amélioration durable de leurs conditions de travail.

Les piliers de la nouvelle fédération

La FUSE repose sur quatre axes majeurs : la défense rigoureuse des droits individuels et collectifs des personnels ; l’amélioration des conditions de travail et de sécurité dans les écoles ; la revalorisation des statuts et des carrières professionnelles ; et un dialogue social renforcé avec les autorités publiques.

En unissant les forces de structures déjà bien implantées depuis leur accord de juillet, la FUSE espère instaurer un rapport de force plus équilibré lors des futures négociations avec l’État.

La rentrée 2026-2027 sous tension

À l’aube de la rentrée scolaire 2026-2027, le secteur de l’éducation connaît une mobilisation intense. Les parents s’affairent aux inscriptions et réinscriptions de leurs enfants, tandis que les enseignants s’impliquent dans l’organisation du processus. Cette dynamique s’accompagne de la continuité de la gratuité des frais d’écolage, rendue possible par les autorités du pays.

Pourtant, au-delà de cette mobilisation administrative, un chapelet de problèmes demeure : des enjeux infrastructurels, pédagogiques, administratifs, sociaux et financiers dont l’attente des solutions s’allonge chaque mois. C’est pour en discuter que notre rédaction s’est rapprochée de Jerry Tadex Mawele, instituteur de formation, écrivain gabonais, Conseiller Pédagogique Premier Degré et Vice-Président de SOS ÉDUCATION.

Les attentes concrètes des enseignants

« Pour cette année scolaire 2026-2027, les enseignants attendent plusieurs mesures urgentes », a précisé le Vice-Président de SOS ÉDUCATION :

  • Le paiement immédiat de leurs vacations, le service ayant déjà été assuré ;
  • L’effectivité de la prime d’éloignement ;
  • La nomination de nouveaux responsables d’établissements avant le début des cours le lundi 7 septembre 2026 ;
  • L’accélération du processus de régularisation des situations administratives avec effet solde, attendu depuis des années ;
  • Une clarification du nouveau circuit de formation des instituteurs de catégories B2 et B1 concernant la création des instituts de formation (IFPEL et IFME) ;
  • Une cohérence dans la formation continue des professeurs d’école primaire, désormais du même profil administratif (catégorie A2) que les conseillers pédagogiques du premier degré ;
  • La relance du concours interne IFPEL/IFME, en tenant compte des réformes impactant le circuit de formation continue.

Un appel au gouvernement

Face à cette accumulation de demandes, l’ensemble des enseignants invite respectueusement le gouvernement à tout mettre en œuvre pour garantir une année scolaire 2026-2027 apaisée.

« L’enseignant gabonais est précarisé », a souligné le Conseiller Pédagogique. « Il n’a pas assez d’argent pour vivre décemment avec sa famille. Pas de logement décent, pas de prime conséquente pour nourrir, soigner sa famille ou s’habiller convenablement. Avec l’organisation des élections professionnelles et la mise en place d’un véritable dialogue avec le gouvernement, l’enseignant gabonais ne souhaite qu’une chose : l’amélioration de ses conditions de vie et de travail. »

Ce cri du cœur résume les enjeux d’une année scolaire qui s’annonce déterminante pour l’avenir du secteur éducatif gabonais.

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