Le Pr Henri Paul Bourobou Bourobou lors de son intervention.

Par Annie Mapangou

Le Musée national des arts et traditions du Gabon accueille, du 11 au 15 août 2026, les Journées portes ouvertes du village des ancêtres et de toutes les tribus. Cet événement fédère diverses activités autour de la médecine et des savoirs traditionnels.

Pour le Professeur Henri Paul Bourobou Bourobou, botaniste spécialisé en ethnobotanique et médecin consultant en médecine traditionnelle, cette manifestation revêt une importance capitale. « Si nous exposons ici avec fierté, c’est parce que nous avons un chef d’État élu qui donne la place à la tradition et qui revient à la tradition », a-t-il déclaré.

Cet événement offre au village des ancêtres l’occasion de s’exprimer sur la tradition, car, selon le Professeur, « la tradition n’est pas un vain mot mais une œuvre de Dieu ».

Le village des ancêtres : genèse et objectifs

Le projet a été initié par Lecelebremoueny, fondateur du village, qui propose une clinique de médecine traditionnelle aux côtés d’autres activités culturelles. « Comme dans son village il y a un certain nombre d’activités qui ne sont pas toujours accessibles à tous, il a souhaité sortir de son village pour s’exprimer à l’extérieur », a expliqué le Professeur.

Le choix du Musée national s’avère symbolique. « Un musée constitue la mémoire d’un peuple. C’est pourquoi Lecelebremoueny a décidé de venir ici pour montrer son savoir-faire », a-t-il précisé.

Un programme riche et diversifié

Pendant cinq jours, le programme associe conférences, expositions et spectacles. Les conférences aborderont des thèmes variés : la femme traditionnelle, les maladies selon la médecine traditionnelle. Le public pourra aussi assister à un défilé de tresses traditionnelles, découvrir des jeux traditionnels, des expositions de cuisine africaine, et profiter de danses, chants et enseignements sur les instruments de musique.

La tradition : un héritage universel

Le Professeur Bourobou a tenu à redéfinir la perception de la tradition. « Souvent, les gens pensent que la tradition, c’est tout ce qui est délaissé. Non. La tradition, c’est l’œuvre de Dieu, tout ce que Dieu a créé pour que l’homme vive en harmonie avec la nature. »

Il a également souligné l’universalité de la médecine traditionnelle : « La tradition n’est pas réservée aux Noirs. Elle appartient à l’homme, car elle est le point commun des êtres. La médecine traditionnelle est propre à tout le monde, qu’il soit blanc ou noir. »

Une ambition pour le Gabon

Le Professeur a exprimé un souhait majeur : faire du Gabon le berceau de la tradition, « comme l’islam l’est pour la Mecque ou Rome pour les chrétiens ». Il a conclu : « La tradition n’est pas une honte. Le médecin traditionnel n’est pas un pauvre type. La médecine traditionnelle soigne chacun d’entre nous. »

Les Journées portes ouvertes se clôtureront le samedi 15 août 2026.

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