Par Annie Mapangou
Les Confédérations syndicales du Gabon ont organisé une conférence de presse, ce mercredi 15 avril 2026, à la Mairie du 5ème arrondissement de Libreville, pour échanger sur l’organisation des futures élections professionnelles et la question de la représentativité des syndicats, en présence des membres des différentes organisations du monde syndical.
Ces organisations syndicales étaient composées de : la Confédération syndical gabonaise (COSYGA), la Confédération générale des travailleurs forces libres (CGT-FL), l’Entente syndicale des travailleurs du Gabon (ENSYTG), la Confédération gabonaise des syndicats libres (CGSI) et la Confédération syndicales démocratique du travail (CSDT).
Au cours de cette conférence, les leaders syndicaux ont articulé sur l’importance de la tenue des élections professionnelles à venir qui auront lieu dans les secteurs public, parapublic et privé. L’objectif de ces élections est de déterminer la représentativité des syndicats de base, des fédérations sectorielles et aussi des confédérations des travailleurs, en vue de renforcer leur rôle dans les décisions sociales et économiques du pays.
A cet effet, les représentants de ces organisations syndicales ont exprimé leurs préoccupations à l’égard des modalités électorales actuelles. Selon eux, le système électoral choisi par le gouvernement, après plusieurs discussions ne reflètent nullement les réalités des syndicats de base et risquerait de donner naissance à une représentation inégale des travailleurs dans les instances décisionnelles.
Ces leaders ont par ailleurs déploré l’attitude de plusieurs organisations syndicales du secteur public, qui confondent le pouvoir conféré par la convention n°98 de l’OIT sur le droit d’organisation et de négociation collective avec la convention n°144 sur les consultations tripartites.
Les responsables des confédérations syndicales ont à cet effet, rappelé que le mode électoral choisi par le gouvernement, après de multiples consultations avec les employeurs, les travailleurs et le Bureau international du Travail (BIT), est celui des élections des délégués du personnel dans l’ensemble des secteurs public, parapublic et privé.
Ils ont clarifié que ce mode électoral établit un lien direct entre le travailleur ou l’agent public et sa confédération syndicale, par le principe de la hiérarchisation syndicale : à la base, un syndicat d’entreprise ou d’administration (ou, à défaut, un délégué syndical) présente un ou plusieurs candidats aux élections professionnelles. Ces syndicats de base sont affiliés aux fédérations sectorielles, elles-mêmes rattachées aux confédérations. Ainsi, l’élection d’un délégué du personnel sous la bannière d’un syndicat de base est attribuée de facto à la fédération sectorielle et à la confédération correspondante.
Ces leaders ont expliqué les trois formes de dialogue social pour résoudre les conflits et améliorer les conditions de travail, notamment la Négociation collective, la Concertation sociale et la Consultation tripartite.
Notons que les Confédérations syndicales des travailleurs ont été représentées par Étienne Moussavou (Secrétaire général de la CGT-FL), Léon Mebiame (président de l’ENSYTG), Jean-Claude Bekalé (Secrétaire général de la CGSL), Étienne Lambert Boundzanga (Secrétaire général de la CSDT) et Wenceslas Mba Nguema (Secrétaire général de la COSYGA). Ils réaffirment ainsi leur engagement à faire en sorte que l’élection professionnelle du 22 avril 2026 se déroule dans de bonnes conditions et pour garantir une meilleure représentation des travailleurs dans les instances de décision du pays. Ils ont également lancé un appel à la mobilisation en vue des élections professionnelles prévues se dérouler, le 22 avril 2026. Et, ils encouragent les leaders syndicaux, tous les travailleurs, qu’ils soient membres d’un syndicat ou non ; à participer massivement à ces élections afin d’assurer la bonne représentation de leurs intérêts.
Cette élection professionnelle est un moment clé pour faire entendre la voix des travailleurs et ainsi influencer les décisions qui façonneront leur avenir.
