Le ministre Paul Ulrich Kessany (à gauche) devant les élus du peuple, qui ne veulent plus du financement des clubs avec l’argent du contribuable.
Synthèse A.N. (Source: Presse Assemblée nationale)
Stades à l’abandon, subventions aux clubs contestées : l’audition du ministre de la Jeunesse et des Sports par la Commission des Finances a donné lieu, lundi, à des échanges nourris.
Entretien des infrastructures, financement des clubs de football : voilà les deux sujets qui ont dominé les débats, ce lundi 26 octobre 2026, à l’Assemblée nationale. Les députés y auditionnaient Paul Ulrich Kessany Zategwa, ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la Vie associative, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2027.
Devant les membres de la Commission des Finances, du Budget, de la Comptabilité publique, des Affaires économiques, de la Production et du Développement, le ministre a présenté les prévisions budgétaires des missions 18 « Jeunesse, Sports » et 63 « Promotion du Sport », rattachées à son département.
Un budget en recul de plus d’un milliard de FCFA
Paul Ulrich Kessany Zategwa a indiqué que l’enveloppe sollicitée pour ces deux missions s’élève à 16 549 453 308 FCFA, contre 17 732 355 566 FCFA dans la loi de finances rectificative de 2026. C’est une baisse de 1 182 902 258 FCFA, soit environ 6,7 %.
Deux missions, six programmes
Le ministre a ensuite détaillé l’architecture de ces crédits :
Mission 18: Jeunesse, Sport (4 programmes ): Sport et Loisirs, Jeunesse, Vie associative, Pilotage et soutien aux politiques du sport et de la jeunesse.
Mission 63 : « Promotion du Sport » (2 programmes): Sport pour tous et Sport de proximité, Sport amateur, d’élite et professionnel.
Stades à l’abandon, matchs concentrés à Franceville
Au-delà des chiffres, les élus ont donné de la voix sur les maux du secteur sportif national. L’honorable Albertine Maganga Moussavou, députée PSD du 3e siège du département de la Douya-Onoye (Mouila), a alerté sur l’état d’abandon de certains stades. Elle a aussi regretté que les rencontres internationales se concentrent systématiquement à Franceville, et plaidé pour un soutien public bien plus équilibré entre le football et les autres disciplines.
Subventions aux clubs : « Ce n’est pas soutenable »
Le financement des clubs de football par l’État gabonais a lui aussi retenu l’attention des parlementaires. L’honorable Béni Ngoua Mbina, député UDB du siège du département de Mougoutsi (Tchibanga), n’a pas mâché ses mots : « L’État ne peut continuer à supporter les subventions des clubs qui sont d’ailleurs des entités privées. Ce n’est pas soutenable », a-t-il fait valoir.
Rationalisation et efficacité : ce qu’attendent les élus
Rationalisation des dépenses publiques, entretien des stades, responsabilisation des acteurs du football : les attentes des députés sont claires. Elles posent aussi la question de l’efficacité des investissements de l’État pour soutenir la pratique sportive et améliorer les conditions de préparation des athlètes.
Quelques membres du cabinet du ministre de la Jeunesse et des Sports.
