Le présidium des travaux ici a tracé la voie à suivre.

Par Rodsa Breveta Moubona Lemagna

Pendant trois jours, le Parti démocratique gabonais (PDG) a inspecté ses murs, ses comptes et ses habitudes. Le verdict de son président : « comblé ». Reste à savoir qui tiendra la truelle.

Quand une maison a 58 ans, on ne se contente pas de la repeindre : on vérifie d’abord les fondations. C’est ce qu’a fait le PDG à son siège du quartier Louis, à Libreville. Soixante-quinze recommandations de la commission ad hoc, chargée de préparer la réforme, ont été passées au crible par cinq commissions de travail. À la clôture, le président du parti, Blaise Louembé, a lancé : «Vous nous voyez comblés.» La remise en ordre du parti est, selon lui, «résolument en marche».

Une façade à rebaptiser

La nouvelle enseigne s’appelle « pacifisme social libéral », et elle a fait tiquer les militants. Le libéralisme habite le PDG depuis sa fondation en 1968, alors que le pacifisme désigne surtout le refus de la guerre. Faut-il changer l’écriteau ? La plénière, qui réunit tous les participants, tranchera. Les juristes du parti ont précisé le plan : les valeurs sont les murs porteurs et ne bougent pas ; la ligne politique, elle, peut changer de couleur selon le contexte.

Une porte entrouverte

Les anciens militants peuvent-ils revenir ? Combien de temps doivent-ils patienter sur le paillasson? Trois ans, propose la Commission. Un an, préfèrent les Sages du Conseil consultatif, présidé par Faustin Boukoubi. Le pardon n’avait jamais été aussi bien chiffré.

Plomberie, alarme et chambres d’amis

Côté plomberie, les comptes suivront les normes de l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires). Côté alarme, pas de grande direction de la communication, mais une cellule de riposte, prête à répondre vite aux attaques. Quant aux chambres des jeunes et des femmes, treize recommandations visent à mieux organiser l’Union des jeunes (UJPDG) et l’Union des femmes (UFPDG) du parti.

Le contremaître et ses sept pages

À la tribune, Blaise Louembé a sorti un discours de sept pages, avant de le ranger : « Je ne vais pas vous embêter avec ça. » Il ne sait compter que jusqu’à trois, a-t-il plaisanté, comme les trois jours du chantier. Puis le ton s’est fait grave : « Ce n’est pas un séminaire de trop. »

Ceux qui ont gardé la maison

Le moment le plus humain est venu du bureau du séminaire, qui a salué les militants ayant gardé l’édifice «contre vents et marées», ainsi que ceux qui les ont rejoints depuis. Dans la salle, les réformes ont soudain pris des visages. À l’ouverture, la secrétaire générale, Angélique Ngoma, avait prévenu, en citant Héraclite d’Éphèse : une institution qui ne se modernise pas devient « le musée de ses propres erreurs ».

Les plans sont tracés, et une nouvelle commission va maintenant les affiner. Il reste à ouvrir le chantier et à le mener jusqu’au toit.

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